For Noise 2015 : même pas peur, même pas mal !

Posté dans : Culture | 3
Alors oui, le Pully For Noise a fait 1000 entrées de moins que l’année passée. Et oui, c’est la première fois qu’il finit dans le rouge depuis 5 ans. Mais est-ce une raison pour le remettre entièrement en question ?
La traditionnelle colline du For Noise (©Romain Keller)
La traditionnelle colline du For Noise (©Romain Keller)

Olivier Meylan, le fondateur et directeur du Pully For Noise, nous en avait déjà parlé lors de notre entretien pré-festival : En ce moment, ce dont on a envie devient de plus en plus difficile, car la concurrence et les frais de concert augmentent. On est sur un équilibre précaire, car d’un côté on propose une programmation avant-gardiste de qualité, qui nous plaît, mais qui n’attire pas forcément le grand public, et coûte souvent cher (cachets) ; et de l’autre, il faut rentrer dans notre budget, sous peine de tuer le festival.

Existe-t-il donc une solution ? Pas sûr… car le bilan de cette édition 2015 prouve bien que sans réelles têtes d’affiches, le festival a du mal à joindre les deux bouts. Pourtant, la qualité musicale de ce cru n’avait rien à envier à celles des années précédentes. Car entre les cultes Ride, les disco-rocks FFS (Franz Ferdinand & Sparks), les swinguant Jungle et les hip-hopeux Young Fathers, cette programmation 2015 était même considérée comme l’une des meilleures et des plus éclectiques que le festival ai jamais proposée.

FFS en plein forme !
FFS en plein forme ! (©Davide Gostoli)

Le problème viendrait donc bien des têtes d’affiches, qui sont censées attirer le chaland. En tout cas, c’est comme ça que le Paléo, le Montreux Jazz et le Rock Oz’ Arènes fonctionnent… et il faut avouer que ça leur réussi plutôt bien. Tout ne serait alors qu’une histoire de gros sous ? Bien-sûr, comme toujours ! , vous entends-je déclamer haut et fort. Et bien en partie oui, mais pas seulement.

Le pari de ce For Noise 2015 était de proposer une affiche variée, misant sur la découverte et l’avant-garde, au lieu de faire comme les années précédentes, en misant sur des valeurs très sûres d’abord, pour ensuite étoffer le reste de la programmation. Et bien, force est de constater que, d’un point de vue financier, ce pari n’a pas été tenu… La majorité du public ayant besoin d’un nom connu pour venir et ensuite découvrir le reste de la programmation de la soirée, souvent pour leur plus grand bonheur et leur plus grande surprise. ¼ de connu pour ¾ d’inconnu : formule magique du festival ?

L'Homme-Chapeau de Ride.
L’Homme-Chapeau de Ride (©Stefmel)

Revenir à l’ancienne recette traditionnelle serait donc, pour le moment, une solution plausible pour le comité du For Noise, qui vient d’annoncer être en pleine phase de réflexion et de remise en question. Il annoncera d’ailleurs bientôt à la presse et à ses fans la décision prise quant à l’avenir du festival.

Tout ce qu’on espère de notre côté, c’est que le festival puilliéran saura se remettre de ce bilan en demi-teinte et revenir plus fort que jamais en 2016 pour sa 20ème édition symbolique.

Schwarz : ils ont l'air calmes comme ça, mais en fait pas... (©Romain Keller)
Schwarz : ils ont l’air calmes comme ça, mais en fait pas… (©Romain Keller)

Car nous, au Lausanne Bondy Blog, on l’aime le Pully For Noise, et cette baisse de fréquentation n’a pas le moins du monde entaché le plaisir que nous y avons pris cette année. Car tout était là, comme d’habitude. Tellement « comme d’habitude » qu’on aurait pu venir en pantoufles et robe de chambre saumon. Car, mise à part la Cardinal… tout était parfait : l’ambiance, la musique, la nourriture, le temps, les étoiles… enfin, vous voyez, quoi ?

Le Pully For Noise, selon Dan Deacon ! (©Stefmel)
Le Pully For Noise, selon Dan Deacon ! (©Stefmel)

Et comme je vous l’annonçais dans le post-entretien pré-festival, mes coups-de-cœurs ne m’ont pas déçus, sauf Patrick Watson qui nous a posé un beau lapin. Mais Ride a assuré le show (même si on sentait bien que cette reformation n’était pas faite que pour les beaux yeux du public) et Schwarz m’a totalement hypnotisé, grâce à la voix grave et profonde de la chanteuse Danaé Leitenberg et à leur musique mélancolico-brutale, que j’affectionne tout particulièrement. Mais la surprise reste Dan Deacon qui a mit le feu à la foule en leur faisant faire des chorégraphies complexes mais instinctives, juste histoire de (voir photo).

Le For Noise reste donc pour moi une institution et j’espère personnellement qu’il saura se relever de ses semi-cendres et nous faire encore rêver, les oreilles bien grandes ouvertes !

Et attendant, rendez-vous à la prochaine Noisy Party, le vendredi 2 octobre prochain. Plus d’infos sur leur page Facebook.

3 Responses

  1. Lionel
    | Répondre

    Euh… Patrick Watson n’était pas là… Avec qui a tu confondu ???

  2. Florian Poupelin
    Florian Poupelin
    | Répondre

    J’ai dû l’écouter sur mon mp3, ce même jeudi soir, pour oublier ma peine et me noyer dans l’alcool du déni. Mais je pense aussi que le mécanisme de certaines phases d’écriture un peu trop automatique n’y est pas innocent. En tout cas, merci pour ta remarque pertinente, Lionel !

  3. David Rreverend
    | Répondre

    Pour éviter la cardinale, qui n’était pas à ton gout, passe au bar à bière l’année prochaine, on était un peu caché, mais les puristes ne s’y sont pas trompés ! Guiness, Grimbergen blanche, Valaisanne et Brooklyn à la pression ! We’ll be back !!

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