For Noise 2012 : fresh, sound and sun !

Après la sempiternelle parade des gros festivals estivaux, le For Noise se fait gentiment attendre et revient toujours à point nommé, juste à temps pour nous donner une dernière bouffée d’été. Retour sur cette édition 2012 que le Lausanne Bondy Blog a goûté rien que pour vous…

C’est la fin de l’été, la rentrée approche et nos oreilles bourdonnent encore des décibels goulûment distribuées lors des festivals populaires. Heureusement, il reste encore un peu de fête dans l’air et ça, le For Noise l’a bien compris ! Car après toutes les débauches de juillet/août, ce que veut notre estomac,  c’est une petite tisane chaude (ou une bière bien fraîche pour les plus hardis) ; nos fesses, un coin d’herbe sèche ; notre peau, du soleil caressant et notre âme, de la bonne musique. « On a l’impression d’être dans notre salon » disaient les membres de The National en 2010, et je ne serais pas celui qui leur donnera tort.

En pleine crise d’adolescence (quinze ans déjà !), le For Noise a fait appel cette année à l’increvable  et pleine de sagesse Patti Smith, pour l’aider à passer le cap. Un choix judicieux puisque ce cap s’est soldé par un sold-out bien mérité. Une tête d’affiche d’une telle ampleur étant une première pour cet humble festival (2 500 places maximum), on peut se demander si leur axe de programmation ne se modifierait pas avec l’âge. Eh bien, rassurez-vous, chers lecteurs, le For Noise a su rester fidèle à lui-même, assumant son rôle de chercheurs de nouveaux talents  (We are Augustines, The Bianca Story) et de soutien à ceux qui continuent de monter (Feist, dEUS).

Le chanteur d'Of Montreal, pour vous Mesdames ! (© Stéphanie Meylan)

 

Avant-gardiste par vocation, le festival pulliéran a accueilli des groupes qui à l’époque balbutiaient et qui sont désormais bien ancrés dans le paysage musical international. On se rappelle notamment de Metronomy, de Nada Surf,  de Jarvis Cocker,  de Dyonisos, de Katerine, de Get Well Soon, de Bang Gang… la liste continue. C’est cette originalité, cette marque de fabrique, qui a fait du For Noise une référence de plus en plus cotée et un rendez-vous immanquable pour les amateurs de nouvelles musiques et pour les curieux qui eu ont marre d’entendre toujours les mêmes gros groupes en concert !

Et comble de bonheur cette année, le Lausanne Bondy Blog a eu le privilège d’être officiellement présent pour le premier soir de cette quinzième édition. Et quel accueil que ce tigre pragmatique et ce fier faucon, qui ornaient chaque coin des festivités ! En décalage avec le public bon enfant et le cadre naturel et calme, ces magnifiques emblèmes annonçaient plus les concerts à venir que l’atmosphère qui régnait dans cette belle lisière. Car, si votre niveau de sociabilité lausannoise dépasse la moyenne et si votre style vogue entre hipster, punk,  et swag, vous étiez sûr de croiser au moins une poignée de têtes bien connues, des regards pleins de « où est-ce que je l’ai déjà vu celui-là ? » ou d’amis trop vite perdus de vue… ou pas. Cette impression de familiarité, cette sensation d’avoir retrouvé tous vos potes, ce sentiment d’être vers le quartier Bessières un samedi soir, c’est ça la magie du For Noise. Ajoutez-y quelques stands aux saveurs pas vraiment exotiques (L’étoile Blanche, Couleur3, Disc-à-brac) et le tour est encore plus joué ! Mais passons les mondanités et concentrons sur la scène principale, là où beaucoup de choses s’articulent.

Feist jouait son album “Metals”, un vrai retour à la terre (© Davide Gostoli)

Voulu ou non, ce concept de scène quasi-unique (si on met à part l’Abraxas pour un public déjà plus connaisseur) rajoute encore un facteur charme à l’ensemble. Ici, pas besoin de courir d’une scène à l’autre pour voir son groupe fétiche. Ce n’est pas le public qui vient pour voir des concerts, mais les artistes qui viennent jouer pour le public. Ce qui marque une énorme différence d’avec des événements comme le Paléo et le Montreux Jazz, qui en devenant de grosses machines ont perdu leur chaleur humaine, leur charme d’antan. Ce cadre intimiste plaît d’ailleurs énormément aux artistes qui après avoir fait la tournée des gros festivals européens se plaisent à retrouver un vrai contact avec le public, un endroit où l’énergie passe vraiment, et ce dans les deux sens. Cet élément a également permis au festival d’accueillir des groupes de plus en plus internationaux, grâce à un bouche-à-oreille qui reflète parfaitement l’ambiance du For Noise. Ainsi, il est plus facile d’apprécier un concert car notre attention est centrée sur la scène et non polluée par les multiples allées et venues des festivaliers ou le bruit d’autres concerts.

Pas de commentaire ! (© Julien Barras)

C’est donc avec délectation que le Lausanne Bondy Blog a découvert We are Augustines (de l’indie-rock venu de Brooklyn), a enfin vu en live Of Montreal (qui ne sont pas vraiment de Montréal !) et succombé une fois de plus aux charmes de la canadienne Feist, qui était déjà venue nous émerveiller en 2005. Et si le ciel nous a gratifiés de quelques gouttes de pluie ce soir-là, ce n’était qu’en guise de rafraîchissement et rien d’autre.

Le Pully For Noise n’est donc pas près de changer et c’est tant mieux. Son rôle de dénicheur de talents et d’avant-gardiste fait de lui une référence de découvertes et de curiosités et lui a permis de se construire un public de plus en plus international et surtout de plus en plus fidèle (record de plus de 8 000 spectateurs pour cette année). Et puis bon, la bière à la main, les doigts de pieds en éventail, le cul posé sur l’herbe fraîche de la butte et du bonheur plein les oreilles… comme à la maison, quoi !

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