Etre mère, un devoir !

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En passant par la journée des femmes le 8 mars puis par une marche nationale à Bern le 13, la semaine dernière était sous l’égérie de nous autres Mesdames. Pourtant, plusieurs événements de cette semaine « féminine » m’ont rappelé que rien n’était acquis et qu’il restait du travail, beaucoup de travail.

Après des dragueurs machos, des publicistes sexistes et autres rencontres des plus frustrantes les unes que les autres, mon statut de femme m’a paru bien lourd à porter tout au long de la semaine. Le récit détaillé de toutes mes pensées aigries vous sera épargné afin de nous pencher sur la question qui m’a le plus donné à réfléchir. Une question sur laquelle Page a médité à sa façon la semaine dernière.

Lors d’un souper tout à fait sympathique entre amies, on en vient sur le livre d’Elisabeth Badinter, « Le conflit ». La discussion dérive très vite sur le désir d’être mère et la nécessité de l’être pour trouver un sens à sa vie en tant que femme. Après quelques échanges passionnés sur le sujet entre une maman et deux jeunes femmes célibataires sans enfant, je rejoins mes pénates des réflexions plein la tête… Réflexions qui ne me quitteront pas un instant depuis.

Ayant atteint depuis peu cet âge « honorable » de la trentaine, j’ai tout entendu : « As-tu trouvé la raison ? », « T’es une vieille fille maintenant ! », « C’est le moment… », « Tu as encore tellement à réaliser… ». Le moment de… ? Mais réaliser quoi au juste ? La réponse, je la connais : faites des enfants Mesdames et vous vous serez réalisées. La réalisation de soi (au féminin) ne s’opère donc que dans la maternité ? Le Moi profond n’est-il rien d’autre qu’un petit bébé ? Serait-il absurde de considérer un accomplissement dans le travail, la culture, la vie amoureuse et sociale ou n’importe quel projet qui demande de la persévérance, de l’enthousiasme, de la passion et du plaisir ? Serait-il envisageable que je me suffise pleinement sans procréer ?

Je ne pose pas toutes ces questions par schizophrénie socratique mais simplement parce que j’aimerais comprendre. Comprendre pourquoi la société nous pousse à désirer des enfants. Non pas que je suis une exception. Pendant longtemps j’ai voulu un enfant sans réfléchir, me laissant guider par ces croyances ancrées si profondément en moi, sage petite fille. Ces croyances et cette pression sociale qui ne laisse aucun choix : tu viens au monde, tu trouves un partenaire et tu procrées. C’est clair, précis et pas difficile à comprendre. En outre, cela s’opère tout seul par de mystérieux schémas qui se reproduisent, aucun besoin de les enseigner. Il est clair que je ne suis pas catégorique, certaines femmes ont des enfants par vrais choix réfléchis et ces mamans-là je les admire tout autant que j’envie leur progéniture.

Une dernière chose qui appuie ma position est l’argument stupide de M. Rudolf Schmidheiny, opposant au projet de réforme scolaire HarmoS à l’encontre de Mme  Isabelle Chassot, conseillère d’Etat fribourgeoise et responsable dudit projet lors d’un débat.1 Voilà l’apogée de toutes ces absurdités : M. Schmidheiny ose remettre en question les capacités professionnelles de la directrice de l’instruction publique sous prétexte de son absence de maternité. Mon but n’étant pas de débattre sur ce sujet, je tenais simplement à le mentionner.

Un peu fort tout ça allez-vous me dire. Sincèrement je ne le pense pas. Mesdames (sans enfants), avez-vous déjà affirmé ne pas vouloir d’enfants sans vous entendre rétorquer : « Mais enfin pourquoi ??? » Essayez d’imaginer une situation inverse où en réponse à un projet de maternité annoncé vous oseriez vous exclamer : « Mais enfin, quelle idée saugrenue ! Pourquoi tu veux un bébé ? » 

http://info.rsr.ch/fr/rsr.html?siteSect=1053&startDate=2010-02-01&endDate=2010-02-28&selectedDate=2010-02-04&dateFormat=yyyy-MM-dd&hostname=

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Manuela Bruchez

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