Enfermé dehors

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Ou quand le football transforme tout un quartier en Fort Alamo.

La semaine dernière, j’étais invité à faire vivre cette tradition séculaire qu’est l’apéro Vaudois, rencontre amicale arrosée de quelques litres de Chasselas, le cépage-pilier de la culture viticole. L’heureux initiateur de cette agape venant de déménager, je me suis appuyé sur la connaissance de la ville de mon GPS pour me rendre à ce rendez-vous.

Le chemin des Grandes Roches est une petite rue en haut de Beaulieu qui jouxte le stade Olympique de la Pontaise. Je découvris que ce jour-là, le Lausanne Sport recevait un club Valaisan célèbre pour les prises de positions virulentes de son Président. Je m’approchais doucement de mon point de chute, croisant des supporters motivés arborant drapeaux et écharpes aux couleurs de leur équipe, bière à la main et coupe mulet règlementaire de tout amateur du ballon rond.

C’est dans cette ambiance bon enfant que je me suis fait arrêter à quelques centaines de mètres de mon point d’arrivée. Le cerbère de service m’a annoncé immédiatement que je ne pouvais aller plus loin. Très poliment, je lui ai annoncé que j’étais attendu dans cette rue. Rien à faire, la loi c’est la loi. Le représentant de l’ordre, droit dans ses bottes, me suggère alors de faire le tour du quartier pour arriver par le bas de la même rue. En le remerciant du renseignement et en engageant ma manœuvre de rebroussement, le shérif m’informa qu’il n’était pas garanti que son collègue du bas de la rue me laisse passer pour autant…

Et il avait raison le bougre, au bas de la rue, rebelote : « On ne passe pas ! ». À ce moment, ma légendaire patience commençait à être bien entamée. Je descends du véhicule, négocie, montre l’immeuble à 10 mètres derrière la barrière, sans succès. Je propose de laisser mon véhicule sur place, la route étant fermée et inaccessible, mais là encore sans succès : « Vous comprenez Monsieur, si un camion de pompier devait passer, la route doit rester dégagée ».

Je me suis résigné finalement à appeler mon hôte pour qu’il vienne me sauver. Après quelques minutes d’attente, son arrivée ne calma pas le vigile qui, flairant l’entourloupe, procéda à un contrôle en règle de mon ami afin de prouver qu’il vivait bien dans l’immeuble duquel il venait de sortir.

Finalement, mais à titre gracieux et hautement exceptionnel, les barrières s’ouvrirent, telle la mer Rouge devant Moïse. J’ai finalement réussi à conclure cette journée avec un verre de blanc à la main mais cette aventure ne va pas me réconcilier avec le foot, ni avec la police. Je reste effrayé d’avoir vu mon ami subir un contrôle de police pour pouvoir rentrer chez lui, et ceci malgré la victoire du Lausanne Sport sur Sion…

 

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