Ecriture urbaine, poésie de l’instant

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Du 7 au 12 juillet, le Festival de la Cité – en ville ! – offre aux Lausannois une immersion dans les arts. Théâtre, danse, cirque, performances et musiques envahissent plusieurs lieux du centre. Pour ma part, j’ai décidé d’aborder la première des activités du festival : A veces creo que te veo.

« Parfois je crois que je te vois », en français, est une installation littéraire qui traverse le monde créée par l’Argentin Mariano Pensotti. Son but ? Sortir l’écriture des livres ! Comme un discret metteur en scène, il organise l’installation de quatre écrivains, aux quatre coins d’un lieu de passage important ; ici la station LEB–TL au Flon de 12h à 14h.

Passants et écran – © Julie Collet
Passants et écran – © Julie Collet

L’écrivain – que cela soit Antoinette Rychner, que l’on que l’on retrouve aussi dans Entre les lignes, ou encore Daniel Vuataz, membre de l’Association des Jeunes Auteurs Romands – raconte ce qu’il voit et son récit, en direct, s’affiche sur un écran géant à la vue de tous. Un dialogue silencieux s’installe alors entre les passants et l’écrivain simplement assis sur une chaise avec son ordinateur sur les genoux. Les inconnus échangent des regards sur le quai en attendant le M2 ; nous cherchons qui inspire le texte qui se déroule devant nos yeux. A côté de moi, deux hommes s’interrogent, « d’où sort le texte ? », avant de comprendre. Je me prête au jeu. Sur l’écran je lis la vie d’un moi autre réinventé par un auteur. Je suis une fille que sa mère gronde pour une sombre histoire de boucles d’oreilles qui s’oxydent dans l’eau et que je refuse d’enlever quand je me baigne. L’instant d’après, c’est au tour de deux hommes de changer de vie. Celui qui porte un trépied pour son appareil photo devient réalisateur de films porno et l’autre son directeur de casting. Ils vont tourner à Ouchy. Nous rions tandis que le métro arrive. Le flux de personne se renouvelle, le flux de l’écriture continue.

Auteur embusqué – © Julie Collet
Auteur embusqué – © Julie Collet

Avec A veces creo que te veo, la frontière de la réalité se brouille et l’espace d’un instant nous nous échappons de nous-même. Comme le dit, Michael Kinzer, directeur pour la dernière fois du Festival : « L’art est le reflet de la vie. Notre vie, telle que nous l’imaginons, telle que nous l’interprétons. » Notre vie, mais aussi celle des autres. Car, qui n’a jamais inventé la vie de la personne assise en face de lui dans les transports en commun ?

Vous aussi tentez l’expérience : LEB-TL, station Lausanne-Flon, jusqu’à samedi de 12h à 14h.   

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