Des nanars et des kilts à l’EPFL

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Pour ceux qui aiment les nanars et les kilts (et je sais qu’ils sont plus nombreux qu’il n’y paraît), voici venir la soirée Nanarenkilt, qui aura lieu ce vendredi 9 décembre à l’EPFL. Rencontre avec David Perrenoud, le président du Ciné-club de l’EPFL, qui organise l’événement.

Mauvais films sympathiques, les nanars sont une espèce rare et réjouissante du septième art. David Perrenoud les connaît bien et y consacre une partie non négligeable de la programmation du Ciné-club.

On passe soit des bons films, soit des mauvais films, mais jamais rien de fade, de moyen. Et là est la différence entre les nanars et les navets : le premier fait rire, alors que le second est souvent insipide, voire ennuyeux au possible.

Déjà fort des expériences Nanarenkit et La petite soirée nanarde, le Ciné-Club reprend le flambeau et continue ce que Nanar prod avait lancé en Suisse, avec les soirées Nanaratomik. Le flambeau de la culture nanarde n’est donc pas prêt de s’éteindre dans notre beau pays et c’est tant mieux, surtout si on y ajoute des kilts.

En fait, les films projetés n’auront pas vraiment de rapport avec la culture écossaise. Nous avons simplement rajouté un L au titre d’une de nos soirées précédentes et le tour était joué ! Mais le kilt sera quand même à l’honneur, car plusieurs membres du staff en porteront un et chaque spectateur en kilt rentrera gratuitement.

Cüneyt Arkin, le seul et l'unique.

La belle salle du Rolling Center accueillera cet événement et devrait rapidement être remplie. David attend, en effet, un minimum de 300 personnes, avec l’espoir de monter jusqu’à 400. Tout le confort et l’originalité seront ainsi de mise, avec plusieurs pauses musicales prévues, des nanarettes en kilt qui animeront la soirée et, grande nouveauté, une sélection de huit bières à disposition pour seulement 4 francs la bouteille, parmi lesquelles la Barbar, la Pécheresse ou encore la Karmeliet.

Et même si l’emballage est luxueux, la plus grosse part de gâteau revient à la sélection de films qui tiendra les amateurs éveillés pendant trois heures.

On commencera avec 2 X 45 minutes d’extraits choisis avec soin et montés par mon acolyte Laurent et moi-même. Il y aura du protectionnisme américain avec Chuck Norris, du cinéma populaire turc avec l’acteur Cüneyt Arkin, qui doit apparaître dans à peu près toute la production cinématographique de ce pays, du cinéma pakistanais avec des gens qui crient avec beaucoup d’écho, du Tollywood, soit des énormes films d’action complètement débiles et pour finir des ninjas hongkongais, les meilleurs du monde, bien sûr ! On projettera également un florilège de doublages français d’exception qui apportent toujours une plus-value involontaire à l’ambiance déjà ringarde du nanar, avec notamment Eaux Vives et Wendigo.

La subtile affiche de Les Barbarians.

Puis, après une pause agrémentée d’extraits musicaux, durant laquelle les spectateurs pourront se dégourdir les gambettes et abreuver leur soif, le main-feature débutera. J’ai nommé : Les Barbarians. Nanar italo-américain sorti en 1987, ces 83 minutes d’absurdités rigolardes sont ni plus ni moins signées Ruggero Deodato, le réalisateur du célèbre Cannibal Holocaust. Grande classe !

En fait, les Barbarians Brothers est le nom de scène de Peter et David Paul, deux frères bodybuilders professionnels américains. Les scénaristes se sont inspirés de leur fraternité pour créer une épopée exemplaire ! Deux enfants séparés à la naissance sont élevés à coups de fouet par un homme portant un casque. Ils ignorent tout de l’existence l’un de l’autre, même s’ils sont élevés par le même homme… Petit à petit, ils apprennent donc à craindre les hommes avec casque, jusqu’à ce que le méchant organise un combat entre les deux frères. Ni une, ni deux, ils se reconnaissent et décident alors de partir à la recherche de leur mère.

En sus de cette magnifique histoire, qui saura à coup sûr faire couler une larme ou deux, la qualité de la projection sera tout bonnement spectaculaire, avec un son mono français tiré d’une VHS et une image au flou artistique sans précédent, tirée, elle, du DVD allemand. Toutes les conditions seront ainsi réunies pour savourer ce nanar en toute tranquillité et sans honte de plaisir coupable.

Au-delà des projections, l’important de cette soirée Nanarenkilt sera l’ambiance. Ici pas de passivité, mais de l’interactivité, du rire, des commentaires bien placés et un partage du mauvais goût universel assuré. C’est une expérience qu’on ne peut vivre dans aucune autre salle de cinéma !

Et, cerise sur le gâteau (en plus des nanarettes et des bières), le récent DVD remasterisé de Devil Story, le meilleur nanar français, sera en vente sur place pour 20 chf seulement, incluant la réplique culte : « je l’aurai ce maudit cheval du diable » (avec l’accent normand).

Vous l’aurez compris, Nanarenkilt sera une soirée décomplexée et défouloir à souhait, une sorte d’expérience catharsique contemporaine à ne rater que par excuse signée des parents !

 

 

Nanarenkilt

Le vendredi 9 décembre de 18h à 23h (projection dès 19h)

Au Rolling Center de l’EPFL, arrêt M1 EPFL

Prix : 10 chf

 

Pour plus d’infos, la page Nanarenkilt du Ciné-club et l’événement Facebook.

Une réponse

  1. Léonard
    | Répondre

    formid!
    extrait de LES BARBARIANS: http://youtu.be/NwsnZehgUyY
    à demain!

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