Cougar Baby!

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Comment le chasseur voulant chasser sans son chien est devenu la proie d’une chasse sans fin.

On la croyait cantonnée aux bals de campagne, aux randonnées en montagne, à la ferme célébrité ou à Christophe Maé (toujours lui !), mais la quadragénaire célibataire semble avoir envie d’air. Grimée d’un maquillage permanent, d’un push-up étincelant, de faux ongles vermeils et d’une cigarette Cartier sur laquelle elle ne tirera que trois bouffées, la cougar rôde dans les bars, prête à griffer, résolue à chasser du minet. Et oui, car il est temps, cher(e)s, lecteur(ice)s de continuer notre beau périple sociologique et de s’intéresser à ce formidable mais dangereux phénomène de société. Au menu du jour, point d’histoires d’adolescents, ni de femmes en gestation, place à la maturité et à la férocité. Car force est de constater que le manque de proies sort les cougars de leur terrier. Je croyais naïvement que le phénomène était hollywoodien. Faux ! Le sol américain a libéré le plus dangereux des félins. Je suis donc parti à la chasse de ces nouvelles prédatrices. Quitte à y laisser ma peau.

Les cougars ! Le sujet flottait dans l’air depuis bien longtemps, mais je n’étais pas pressé de l’empoigner pour autant. Peut-être parce que je n’avais encore jamais eu vent de ces femmes déjà mères de grands enfants. Et pourtant, j’allais vite en avoir la confirmation.

Tout avait pourtant commencé comme une soirée ordinaire, dans un bar, un soir, avec des amis dans une ambiance familière. Et rien ne laissait pour l’heure présager de la chasse qui s’apprêtait à débuter. Rien, oui rien jusqu’à ce que mon dos se glace. Un courant d’air, méchant. Dans l’entrebâillement de la porte, elle est là, veste en cuir cintrée, bottine, jupe et décolleté. Elle est sûre d’elle, fait deux pas en avant, puis s’arrête. Un regard appuyé vers la droite, puis vers la gauche, scrutant scrupuleusement tous les moins de 30 ans et fait claquer ses talons.  

Au bar, elle attend. Ses faux ongles (la belle a pris soin de les customiser d’un petit dessin) gratouillent généreusement le comptoir de l’établissement. Discrètement, je m’en vais commander une boisson à ses côtés. La cougar amorce un virage à 180° et me regarde de la tête au pied. L’œil est vif, insistant pour mieux effaroucher de potentiels prétendants. Tétanisé à l’idée de me faire griffer, je suis soudain comme obnibulé par le contour de ses lèvres tatouées, son motif tribal et sa langue percée. Elle aurait pu avoir l’air d’une parfaite quadragénaire, mais elle était bien plus que ça. Elle était une cougar et j’étais (on, tous les moins de 30 ans) sa proie.

A la table, la cougar devint vite le sujet de nos conversations. Un sujet si important au point de pousser l’investigation. De retour à la maison, tel un passionné sur Animaux devant la télé, je me repasse les scènes de chasse de la soirée. Puis mon ordinateur allumé, j’égraine les sites qui leur sont dédiés (dateacougar.com, gocougar.com, cougared.com, cougardate.com…la liste n’en finit plus. Et je suis sûr qu’à la fin de votre lecture, vous irez tous nonchalamment googliser l’un de ses sites susmentionnés… juste par curiosité comme on dit.)

J’en choisis un, valide mon inscription, puis patiente jusqu’à ce que le poisson morde à l’hameçon. Quelques jours plus tard, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir les messages de trois cougars. Mais là, le rêve hollywoodien semble bien loin. Exit Demie, Sharon et autre Cameron. Derrière mon écran, je fais soudain face à Marie-Claude, 44 ans, adepte de moto et de soirées tribolo, de Suzanne, 39 ans, 3e au contest tuning de Thierrens, et loulou149 (la belle tient à son anonymat… et on la comprend), que je soupçonne d’avoir craqué pour un subtil motif ailé tatoué sur le creux des reins. Ces femmes, je ne les ai pas rencontrées, mais elles m’ont toutes assuré fréquenter désormais les lieux de sorties des petits minets. Une chose est sûre, elles sont prêtes à griffer. Messieurs, évitez donc de sortir trop alcoolisé, au risque de vous faire dépecer.

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Mehdi

5 Responses

  1. zora
    | Répondre

     ha le XXIe siècle et la progression des rapports hommes/femmes, où toute forme de sexisme facile serait éradiquée

    je me réjouis de lire les kilomètres de chapitres qu’ écriront les journalistes à propos des hommes mûrs qui pourchassent les jeunes demoiselles. 

    sous le prétexte d’un “nouveau” phénomène de société, on en revient, une fois encore, à la stigmatisation unanime du moindre comportement “hors normes” adopté par les femmes.

    live & let live


  2. Lindsay
    | Répondre

    Pauvres minets, souvent déjà effrayés par des minettes, je comprends votre peur des cougars;-)
    Ne soyez pas sexistes pour autant.
    Zora a raison, il faut faire un article sur les hommes mûrs qui chassent les jeunettes. Il en va de votre crédibilité.

  3. charlesalexandre
    | Répondre

    et en images, ça donne ça… : )

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