CITY, la ville au bout des doigts

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A Lausanne, y a un mec qui se fait appeler CITY, CT, ou, de son vrai nom, Christophe Thomas. Ce gars, loin de se prendre pour le maître de la ville, la malaxe et en fait des oeuvres, entre street art, peinture et sculpture. Entretien avant vernissage.

Cette appellation, CITY, c’est plutôt une manière pour Christophe de jongler avec son nom, son prénom et une ville qui l’obsède. Né à Lausanne à la fin des années huitante, il se souvient de son regard d’enfant sur la rue du Petit-Chêne, qu’il descend pour se rendre à son école près du Parc de Milan, en passant devant le Moderne. Mais le plus traumatisant dans tout cela, c’est un déménagement à Nyon. Evénement marquant contre lequel Christophe développe une carte intérieure mélangeant en rêve tous ses repères. La nuit, il sillonne sa ville imaginaire, entre Lausanne, Nyon et un “chalet en haut d’un pic” qu’il atteindrait par un funiculaire.

Flashforward

Cette imagination n’est pas le meilleur compagnon sur les bancs de l’université. Christophe lui préfère une école d’art, l’EPAC, à Saxon. Cela ne le rapproche pas de Lausanne, où il était revenu entre temps, mais lui apprendra l’illustration, notamment dans le cadre de la bande dessinée. Pour ses travaux de Bachelor et de Master, Christophe est invité à monter deux projets. Ces projets forment tous deux la patte de l’artiste : l’investissement de l’espace public pour créer l’interactivité. Le premier projet consiste en la création de personnage en cartons, collés, mais décollables, qui peuvent être mis en scène par les passants. Le concept qui couronne la formation de Christophe en 2013, c’est la récupération d’objets encombrants peints par ses soins et disposés en centre ville pour que les passants deviennent utilisateurs de ceux-ci.

Réinstallé dans la ville qui monte et qui descend, CITY travaille sur plusieurs fronts. Le collectif PBK9 est l’un deux. Ce collectif de la région a été créé par des graphistes passionnés par le street art, rejoints par des illustrateurs, ce qui mèle “les deux écoles” pour un résultat plutôt intéressant. Outre les bons plans que les membres font connaître à leurs camarades, l’idée est surtout de former une masse critique afin de pouvoir s’approprier des lieux d’envergure. Par exemple, lors de l’exposition Ballast où une surface commerciale, près de la gare de Renens, avait donné lieu à plusieurs créations live à voir dans la vidéo ci-dessous.

Trouver son fil rouge

En touche à touche qui se mêle de tout, cela fait trois ans que Christophe n’a pas présenté d’exposition personnelle.  Dès le samedi 10 décembre, au Café à la Bossette, il s’agira de trouver quel fil rouge se tissera entre les oeuvres de Christophe. Quand on fait une exposition collective, on est toujours suffisamment nombreux pour occuper l’espace. Mais cette fois, Christophe a du farfouiller dans sa production multiforme de ces dernières années. Au programme, peintures couleur, noir et blanc, photos repeintes, tableaux-sculptures en carton, essais phosphorescents. A voir sur place !

Suivre CITY

  • CITY a peint plusieurs canapés à Zelig, le bar des étudiants de l’UNIL. Une exposition y aura lieu du 12 au 24 décembre.
  • Son blog
  • Collectif PBK9
  • ALVEOH, un autre collectif de CITY

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