CFF : ligne à haute tension

Le nouvel horaire des chemins de fer, ou comment rien n'a changé dans ma vie

Aujourd’hui, j’avais un brin d’espoir. Bon, c’est vrai, il était mince, je savais que les modifications ne seraient pas grandes. Mais de l’espoir, j’en avais assez pour me jeter sur le nouvel horaire à la façon de la fashionista qui découvre la collection du printemps. Oui, sauf que moi, j’ai vite compris que je n’aurai rien à me mettre sous la dent. Pas une once de poil de changement. Nada, niet. L’espoir? Aux oubliettes. Car j’ai beau pointer mon doigt  je ne le vois pas. Quoi? Eh bien, ce dernier train. Celui qui me permettrait de rentrer un peu plus tard que Cendrillon, de finir mes verres et mes conversations, de ne pas avoir à partir avant le début de la soirée, de ne pas avoir à payer vingt balles de parking et  refuser toute boisson alcoolisée. Encore une fois, ce train de nuit, il me passe sous le nez et stoppe toujours net à Cossonay. D’accord, je l’admets, Chavornay, c’est un peu paumé et Andreas Meyer, le patron des CFF, ne va sûrement pas y passer ses vacances d’été. Pourtant, au bout de la ligne, il y a Yverdon et  c’est tout de même la deuxième ville du canton. Et là-bas, en plus, je suis sûre qu’il y est déjà passé le grand patron.

Alors, tout en croquant rageusement dans mon Ragusa, il me vient une pensée pour toutes ces localités oubliées, tous ces voyageurs brimés et j’ai tout à coup un goût amer dans la bouche.

C’est que j’avale de travers en pensant à Andreas Meyer. Sûr, lui, avec ses 700’000 francs par année*, il utilise plus le TGV que les régios débraillés et s’il veut rentrer après minuit, eh bien Andy il prend un taxi. Faudrait qu’il m’accompagne pour ma prochaine soirée. Histoire qu’il  prenne conscience qu’il est nécessaire d’avoir plus de trains de nuit… car on n’a pas tous le même train de vie. 

* d’après des chiffres de la TSR

Photo: L’accueillante gare de Chavornay. «Les gares revêtent une importance croissante en tant que
centres proposant de nombreuses possibilités de services», dixit le communiqué de presse CFF de novembre 2008.

Laureline Duvillard

4 Responses

  1. sissi
    | Répondre

    Ben ça fait plaisir de te lire copinette!!

  2. merinos
    | Répondre

    franchement, je doute que le grand patron des CFF s’occupe des horaires.
    par contre, c’est au politique (donc au peuple) de se bouger…
    en tant que détenteur d’un AG (abonnement général), je peux vous dire que du côté alémanique, les transports publics sont mieux qu’en Romandie.

    les Zurichois, pour l’extension de leur gare ferroviaire principale (Zürich HB), l’ont bien compris… tandis qu’en Suisse romande, on tergiverse encore pour la 3e voie.

  3. sputnik
    | Répondre

    Mais dis don, l’endroit rêvé pour un pic-nic, cette gare de Chavo!
    Et c’est aussi monstre pratique l’horaire pour se rendre dans ce bled, 2 trains par heure… à 10 minutes d’intervalle…
    Après on s’étonne de l’exode rural, tsss.

    (Bon, faut quand même leur laisser qu’ils ont un petit pinot noir assez surprenant les chavornaysans hein 😉

    • jojo148
      | Répondre

      Mmmh, ma petite Lolo, je ne te le fais pas dire… Après la lecture souriante de ton article, je suis allée vérifier s’il y avait un quelconque changement pour ma ligne la plus paumée du monde. A savoir : Lausanne-Payerne.
      Verdict ? Quel bonheur, un changement ! Au lieu du dernier train à 23h01, mon dernier train sera à 23h16 ! Hourra ! 15 minutes pour vite boire une bière, entamer un nouveau débat, faire un bisou à tous mes amis…
      Quel bonheur, que dire, merci Andy ;o)

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