C’est qui Lausanne ?

On a tous un rapport différent avec l’endroit où on vit. Simple espace vital, lieux chargés de souvenirs, endroit qu’on espère pouvoir quitter au plus vite, qu’on ne peut plus voir en peinture ou qui devient un port d’attache.

Pour moi, Lausanne a porté plusieurs ambiances un peu comme des masques ou des costumes.

1985 – 1986

C’est des images qu’on m’a raconté. Les infirmières qui arrivent au CHUV en skis, les TL qui dérapent sur la Rue du Bugnon, mon père qui me porte sur son ventre pour me ramener à l’appart de la Sallaz. C’est mon premier contact avec Lausanne, c’est blanc et fugace.

1992 – 1996

Je reviens à Lausanne et c’est là que je la découvre vraiment. Un peu comme avec une première copine, un peu gauche et un peu perdu. J’arrive de la campagne et je sais faire des cabanes en botte de paille ou me balader en forêt. Ici, y a moins d’arbres. J’habite à l’avenue de France, je suis bercé par les sons du passage à niveau du LEB. Le parc de Valency m’offre le défi de grimper sur le cheval au milieu du bassin sans se mouiller. Je ne vais plus chercher le lait à la laiterie mais j’apprends à aller à la Migros.

Lausanne devient alors une goutte d’encre qui s’étend dans un buvard. Je vais maintenant seul au collège de Beaulieu et je fais connaissance avec les reliefs de cette ville.

Lausanne se révèle, et après l’école je vais avec ma sœur à l’école club de la Riponne. Deux silhouettes en kway fluo qui remontent l’avenue de l’Ale et qui font les fiers parce que oui, la nuit tombe tôt en hiver.

2007 – >

Je reviens à Lausanne, et c’est comme retrouver un vieux pote perdu de vu. Je suis maintenant à l’avenue de Beau-Séjour et souvent je vais sur le toit pour regarder le lac et la Ville qui s’étend, le soir. J’ai rangé ma carte et ma boussole, je connais bien cette ville. De Bonne-Espérance à la Ferme du Désert et de l’Hermitage à la Vallée de la jeunesse. Je rencontre du monde, j’en perds. j’use mes semelles dans les rues et explore les coins que j’ignore encore. Je suis en colloc et j’embrasse ce que Lausanne a à m’offrir. Le Capitole, les soirées à la rue de Bourg. Manger une pizza à pas d’heure au Château et se laisser bercer par le clapclap des tongs sur les pavés après le festival de la Cité.

De la colloc, je passe à “un chez moi”, moi, puis nous, puis moi. Est.ce que Lausanne change? Elle est maintenant comme une confidente qui partage mes souvenirs. Je suis de retour à l’avenue d’Echallens et je n’entends plus le son du passage à niveau du LEB. Le tapissier du quartier est devenu un bar à hipsters. Le vidéoclub est une école de pole dance. Le magasin de fourniture de bureau est maintenant une épicerie bio.

Lausanne a de nombreux visages. Elle m’en a montré certains et je pense que je l’entendrai toujours me dire: “reviens!”

La rue de l’Ale la nuit

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