Ceci n’est pas un compliment

Posté dans : Carte blanche, Société | 1
Plus que jamais le débat sur l’inégalité entre les sexes fait rage, et c’est tant mieux. On balance un #metoo, on se rend compte qu’il y en a beaucoup, et on réfléchit. Que faire? À notre petite échelle quotidienne, commençons peut-être par remettre en question ce qui ne l’est pas. Je vous parle de ce sexisme que l’on dit ordinaire et qui se veut inoffensif. Celui qui revêt la peau d’une petite phrase sympa, si bien qu’on le prend pour un compliment. À toi qui revendiques la liberté d’importuner, ce texte risque de te paraître insupportaaable.

Je ne vous parle pas du gros lourd qui accoste tout ce qui bouge de façon aussi subtile qu’élégante, de Weinstein ou de ceux qui agressent ouvertement les femmes. Ceux-ci commencent peu à peu à être identifiés comme étant inappropriés et on s’en réjouit. Je vous parle de ceux qui, bien intentionnés, s’adressent aux femmes en pensant leur dire quelque chose d’agréable, tout en leur attribuant un rôle qu’elles n’ont pas demandé: les tendres sexistes. Il convient alors de répondre par un hihi souriant, et tout le monde est content. Ce qui arrive la plupart du temps. Seulement voilà, ces petits « mots doux » ne s’adressent bizarrement qu’aux femmes… Peut-on parler de discrimination ? C’est comme la galanterie me direz-vous, ça ne s’adresse qu’aux femmes et ce n’est pas méchant. Alors quel est le problème (espèce de chienne de garde sans humour empêcheuse de tourner en rond qui n’a rien d’autre à foutre) ?

Le problème c’est qu’on a cette fâcheuse tendance à oublier que la discrimination ne se manifeste pas que dans la violence physique, les insultes verbales ou les actes haineux. Elle peut être plus insidieuse, au point qu’on finit toutes et tous par la trouver normale. En considérant ces élans de sexisme ordinaire comme étant bon enfant et « pas méchants », on contribue à les reproduire, pire, on les légitime. Petit goût d’échec par rapport à certains combats menés au XXème siècle…  Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Passons aux exemples, extraits de situations vécues ici à Lausanne.

Dans la rue : Eh ben alors, faut pas faire la gueule, t’es plus jolie quand tu souris ! M’adresse ce monsieur qui croise mon chemin par hasard. Je le vois bien, cet inconnu qui se sent comme investi d’une mission – probablement celle de propager la joie et la bonne humeur – attend de moi une réponse. Option 1) Je réponds hihi, il continue sa route heureux en se félicitant de sa sympathie, et on n’en parle plus. Option 2) Je ne réponds pas et il se crispe, se demandant quel peut bien être mon problème pour refuser de répondre à ses attentes, alors qu’il voulait juste être aimable. Je suis immédiatement propulsée dans la catégorie des chiantes, en plus d’être privée du droit de tirer la gueule. Ben oui, c’est plutôt gentiiil ! Me direz-vous, avec trois i d’agacement. Vous noterez alors qu’en plus d’être chiante, je ne suis apparemment pas « gentille » : il ne m’arrive jamais d’utiliser l’impératif pour dicter la conduite d’un mec sous prétexte que ça va égayer mon paysage, ou parce que c’est ce que j’attends de lui alors que je ne le connais pas. Les gars, ça vous arrive souvent qu’on vous demande de sourire dans la rue ?

Au boulot : Tu veux bien aller ouvrir la porte s’il te plaît, c’est tellement plus sympa quand c’est une jolie demoiselle qui accueille un client. Option 1) Je réponds hihi et j’y vais en me disant que je peux bien rendre ce service de temps en temps, même si ça n’a jamais fait partie de mon cahier des charges. Option 2) Je réponds à mon collègue qu’il serait plus sensé qu’il accueille ses propres clients, et que je dois accessoirement déjà accueillir les miens. D’ailleurs, je suis persuadée qu’ils ne lui en voudront pas de ne pas être une demoiselle. Bon, est-ce que c’est vraiment si graaave ? Me direz-vous avec trois a. Moins grave que l’inégalité des salaires, c’est sûr. Ça reste pourtant une inégalité de traitement. Les gars, ça vous arrive souvent qu’on vous demande de faire quelque chose au boulot en fonction de votre sexe ou de votre physique ? Mannequins s’abstenir de répondre…

Entre potes : Ce que j’aime bien chez toi, c’est que t’as des couilles ! Option 1) Je transforme le hihi en gros haha et je me sens valorisée que l’on m’attribue des parties génitales masculines, symboles de culot et de forte personnalité. Option 2) Je me demande quelles qualités sont attribuées à mes ovaires sachant que le mot « femmelette » est associé à quelqu’un de faible et peu courageux… Mais c’est qu’une façon de parleeer ! Me direz-vous, avec trois e. Oui, je l’ai moi-même employée, et ça en dit long sur le sexisme intégré… Les gars, je ne vous demande pas si on vous a déjà félicités d’avoir des boobs ou un vagin. En fait si, c’est arrivé à l’un d’entre vous lors de la cérémonie de clôture du festival de Cannes en 2016. Sur scène, la réalisatrice du film « Divines » Houda Benyamina a repris une phrase de son film pour remercier l’un de ses collaborateurs : T’as du clito ! A-t-elle balancé devant une salle ahurie. Mini buzz, quelques encouragements enjoués, des reproches sur sa vulgarité, plus rien. Voyons si cette expression s’intégrera aussi vite au langage courant que : lol.

En famille, à la poste, au resto, les exemples de situations hihi sont nombreux. Attention, pas de jugement pour l’Option 1) : que celle qui n’a jamais lâché un hihi de sa vie jette la première pierre ! Réflexe, peur de déranger, envie de rendre service, ne pas envie d’être « L »’emmerdeuse, ne pas se rendre compte qu’il y a d’autres options, se sentir réellement flattée… Nombreuses sont les raisons qui provoquent un hihi. Et cette modeste prise de conscience s’adresse à tout le monde, hommes et femmes. Tout le monde même moi ? De toute façon on ne pourra bientôt plus rien diiiiire ! Avec 5 i. Mais si mais si. Je propose de réfléchir au sens de ce qu’on dit, pas de censurer la moitié de la population. Il y a sûrement tout un tas de sujets plus importants, plus tristes, plus graves, plus ridicules, comme Donald Trump, l’invention des chips genrées, Poutine ou Marine Le Pen. Mais justement, alors qu’on vit une époque où le président de la première puissance mondiale se vante de pouvoir agresser sexuellement des femmes, où les violences domestiques ont été dépénalisées en Russie, où la première femme à avoir frôlé la présidence en France est contre l’avortement, où on refuse le congé paternité pour la 30ème fois en Suisse, en gros où on stagne sur pas mal de sujets qu’on pensait acquis, je pense qu’il n’y a pas de petit pas vers l’égalité.

Image de couverture : CC-BY-NC Ωméga *

  1. Anwen
    | Répondre

    Bonjour,
    Il existe deux types d’amours : l’Amour féminin et l’amour masculin.
    L’Amour, c’est ce que l’humanité a toujours cherché, il est le but de l’homme et le rêve idéal de la Femme, il est la grande force qui régit l’univers, il peut tout, le bien comme le mal, il domine les temps et les âges, il se trouve à la source de toutes les religions, il est la religion même dans son principe ; toutes les philosophies l’ont discuté, il règne dans l’histoire des rois et dans les légendes populaires, il a été, tour à tour, béni et maudit, permis jusqu’à la licence et défendu comme le plus grand des crimes. Il est la source de mille préjugés religieux ou sociaux qui, presque toujours, résultent du malentendu qui règne sur cette question entre les hommes et les femmes, acteurs indispensables de cette idylle, mais qui ne la comprennent pas de la même manière.
    L’homme, malgré l’expérience de l’histoire, n’a pas encore compris que l’amour de la femme est un phénomène qui a une réaction spirituelle : c’est ce qui le sanctifie.
    La femme, malgré les désillusions de ses aïeules, ne veut pas encore savoir que l’amour masculin est un phénomène qui a une réaction brutale : c’est ce qui le condamne.
    Pendant que chez la femme le fluide d’amour aspire à monter, chez l’homme il aspire à descendre. C’est sur cette différence que fut basée la grande lutte de sexes dans l’antiquité ; elle dure encore.
    Faire luire sur cette question la lumière définitive de la science, c’est donner à l’humanité le moyen de sortir de l’état de malaise général que le malentendu sexuel a causé dans le monde. Il faut, une bonne fois, que chaque sexe sache comment l’autre aime et pense, afin d’éviter les heurts qui blessent l’amour-propre et finissent toujours par faire de deux amoureux deux ennemis irréconciliables.
    Aussi, tentons de comprendre pourquoi la nature humaine est organisée de telle sorte qu’en suivant ses impulsions l’homme ne va pas toujours vers le bien ?
    L’homme subit, par cela seul qu’il naît homme, les conséquences d’un ordre de choses contre lequel, pour se sauver lui- même, il doit lutter.
    « L’homme est un Dieu déchu qui se souvient des cieux », dit Lamartine.
    La déchéance est certaine, elle suit la faute dont les conséquences pèsent, non seulement sur l’homme coupable, mais sur toute sa descendance. Cette condamnation contre laquelle les modernes protestent et qui leur semble une injustice absurde, est le résultat de l’hérédité. L’homme transmet à sa descendance ses facultés comme il lui transmet ses organes. S’il diminue ses conditions psychiques individuelles, il donne à ses enfants des facultés amoindries. Les rationalistes modernes disent : Chacun est responsable de ses fautes. Oui, quand ces fautes n’atteignent pas l’organisme ; mais quand la faute est de nature à modifier le fonctionnement physiologique de l’homme et à lui imprimer une tare qui est héréditaire, la faute retombe sur la postérité.
    Le péché originel (le premier acte sexuel) a diminué la valeur morale de l’homme, il a donc été une cause de déchéance pour l’humanité tout entière.
    Les conséquences premières de la chute, accumulées par la répétition de cette action dans chaque individu, à travers les générations, ont pris des proportions effroyables et mené les races à la dégénérescence finale.
    Le mystère de la chute a une importance capitale, c’est le nœud de notre condition qui prend ses replis et ses retours dans cet abîme. Une preuve de plus de notre dégénérescence morale est celle-ci : L’ordre est partout, l’homme seul fait exception. L’Univers entier est ordre, l’homme seul est désordre.
    Un choc perpétuel existe entre sa raison et son cœur, entre son entendement et son désir. Quand il atteint au plus haut degré des civilisations, il est au dernier degré moral ; il s’appauvrit en idées, en même temps qu’il s’enrichit en sentiments. Son péché s’étend comme un voile entre lui et l’Univers (et c’est ce qui cause la désunion de l’homme et de la femme). L’unité du monde a été vaincue et l’humanité doit en porter la peine.
    L’homme est tombé dans la conception misérable du fini, alors qu’il était né pour l’infini.
    C’est le problème fondamental, le problème humain et divin. C’est le dogme intérieur de l’humanité. Une crise terrible fermente en ce moment, parce que le dogme de la chute masque les plus grands problèmes philosophiques.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/psychologie-et-loi-des-sexes.html
    Cordialement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.