Ce soir il y a une boum. Viens, ce sera trop plein, euh, bien !

Posté dans : Culture, Soirées | 1
Certains sont persuadés que « Lausanne c’était mieux avant » et, pour cette raison, organisent de chouettes soirées qui nous font revivre nos belles heures d’antan. Le week-end dernier, le D! Club et l’ABC nous offrait une boum édition 1998. Ça promettait plein de choses, du bon son, des ballons et une gueule de bois mémorable. Sur le papier tout semblait parfait jusqu’à ce que tout Lausanne, et même plus, se pointe aux portes du club qui fit soudainement pâle figure.

Samedi dernier, le D! Club et l’ABC accueillaient les désormais fameuses BOUM ! Le cru du mois était de 1998, excellent choix qui réjouissait un très, même trop grand nombre de personnes. Le principe est simple : il suffit de s’inscrire à l’événement sur sa page Facebook pour directement figurer sur la guest list. Cet accès bien trop facile aurait dû permettre à quelques 2’500 nostalgiques d’entrer dans le club gratuitement, et ce avant minuit. La soirée promettait d’être si pleine que les organisateurs ont avancé l’ouverture des portes à 22 heures. Et pour être sûr de ne pas être oubliés, on nous balançait deux postes par semaine : des promesses de cake pour les 100 premiers arrivés, les meilleurs tubes de 1998, et même l’annonce de slows histoire de garder le réalisme à son maximum…

La longue, longue, file...
La longue, longue, file…

Une telle anticipation est contagieuse. Ni une ni deux, mes copines sont convoquées, elles répondent à l’appel et rendez-vous à 20 heures tapantes à boire des mojitos, et à se pomponner avec la même excitation que celle qui animait nos dortoirs de camp de ski. Toutes dévouées à la bonne cause que nous sommes, nous voilà donc fin cuites et plus motivées que jamais à revivre une bonne vieille boum. Et nous n’étions pas les seules, visiblement ça ne semblait déranger personne de déclarer ouvertement son alcoolisme social à 22h30.

Une file monstrueuse nous attendait au D! Club et à l’ABC. On tape la discussion à gauche à droite, on rigole, une nana qui n’avait clairement rien compris commence à chanter du Joe Dassin, bref excellente ambiance. Après 40 minutes d’attente et notre fiole de survie épuisée, on commence à s’impatienter. Certains rebroussent chemin : « C’est vraiment n’importe quoi, ils veulent pas nous laisser rentrer alors que ça fait des plombes qu’on s’est inscrits ! » Je me console en me disant que son profil Facebook doit porter le doux nom de Madame Cupcake ou Ange L. Plus tard, j’apprends que : « Y a que des gamines de 18 ans à l’intérieur ! »  Oui alors là, en effet, ça me dérange. Elles étaient à peine nées en 98 ?! De quel droit prennent-elles notre place à danser sur les Backstreet Boys ou Aqua ?! Même si elles se réjouissaient de montrer leur véritable carte d’identité du haut de leur stilettos roses, je pose mon véto d’ainée. Finalement, certains brandissent le blanc drapeau de la trêve : « Laisse tomber ça fait une heure qu’on attend ! On s’casse, gros ! ». Nous aussi ça fait bien trop longtemps qu’on attend. Ça doit être bondé à l’intérieur. Et s’il n’y avait pas assez de place pour exprimer notre joie ? Et s’il fallait le faire devant des filles qui ont une décennie de moins et qui ne connaissent ni les pas ni les paroles ?! Nous aussi on se casse et on finit à minuit dans un autre club, vide, évidemment à cette heure où même la nuit est encore jeune.

Oui, Lausanne c’était mieux avant ! C’était bien mieux lorsque l’exclusivité passait par le bouche-à-oreille plutôt que sur les réseaux sociaux. C’était beaucoup plus charmant d’entendre parler d’un samedi soir prometteur le jour même au café en croisant un vieux pote.

Il est vrai que l’idée de revivre nos premières soirées en grandeur nature est très bonne ! Le grand succès que rencontrent ces événements ne m’étonne guère puisqu’on nous offre de la nostalgie d’un passé commun avec toute une génération.  Par contre, je suis surprise qu’un concept plein de potentiel puisse coïncider avec un tel manque d’organisation. À rendre l’événement hyper démocrate et populaire, le système premier arrivé premier servi s’impose de lui-même. La faute n’est à personne, mais tout le monde est de trop. À part les happy few qui ont pu entrer, on sent la frustration générale. Apparemment, la Boum c’était mieux avant aussi et tant mieux !

  1. Alonzo
    | Répondre

    Entièrement d’accord avec toi 🙂

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