De là où je suis vol. 09 – Quand le courage d’un sans-papiers impressionne

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Fnac / 11.01.2012 / 09h38. Au début, il se fait discret. Un peu caché derrière l’ascenseur central, il se sert des sièges plastiques rouges et jaunes pour couvrir des pages entières de noir. Des heures durant. Il n’arrête pas. De l’ouverture jusqu’à la fermeture. Puis, souvent il s’endort par terre, le crayon encore à la main. Il s’assoupit simplement, sans autre cérémonial. A bout de force. Je vois sur ses traits endormis que ce repos lui est salvateur et vital. … Lire la suite

Pour Sévelin, c’est combien ?

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Lôzane Bouge, comme disait la jeunesse en colère des années 1980. Alors que le centre-ville se bat depuis des années en déplaçant les dealers nocturnes de quartier en quartier, il est une autre partie de la capitale, plus bas, qui chaque soir se transforme, comme sous le charme d’un drôle de sort, je veux parler de Sévelin. Pour y avoir travaillé de longues années, j’ai pu vivre de l’intérieur la longue mutation, identique à celle qu’a subi le Flon, une … Lire la suite

Un trésor parfois mal apprécié.

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“L’esplanade de Montbenon. Vous voyez derrière moi un duplex verdoyant. Mal connoté, à cause des deals, des histoires de drogues, des botellóns et d’une bataille au couteau. Mais qu’en est-il vraiment de ce parc ?”

De là où je suis vol. 08 – Quand les pelouses de Montbenon se parent de joie

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Parc de Montbenon / 20.05.2011 / 19h14. Avec les beaux jours, tout nous semble transformé. Les choses qui nous titillaient trois mois plus tôt sont désormais aussi vite oubliées qu’un mauvais roman. L’astre divin nous enjoint à ressortir nos plus beaux et courts tissus et nous invite aux balades prolongées. Autour de nous, l’herbe devient plus verte, le vent se fait salvateur et les esprits se dégrisent. Les parcs eux aussi s’éveillent. Ils se parent de lumière hypnotique et dévoilent leurs plus belles plantes. D’un instant à l’autre, les couleurs primaires ne sont plus suffisantes et des multitudes de tonalités viennent s’y ajouter. Comme des abeilles au milieu de fleurs phosphorescentes, nous sommes irrémédiablement attirés par cette atmosphère légère et enjouée. Et une fois nos obligations digérées et expédiées, nous nous rendons là où notre instinct nous mène. Sur les pelouses de la ville.

De là où je suis vol.07 – Quand la jeunesse confond parade et sentiment

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Quai M2 Flon / 12.03.2011 / 23h07. Encore un samedi soir sans promesses et sans miracles à l’horizon. Juste l’habituelle perspective d’un rituel mesuré, dont la saveur s’effile au fil des années. Comme toujours, les mots claqueront sur les langues, s’élèveront un court instant avant de s’évaporer presque immédiatement dans l’air saturé de décibels. Comme toujours, les verres danseront sur les tables, deviendront les étoiles de ces scènes boisées, avant de finir inexorablement noyés dans l’eau savonneuse. Comme toujours, les éclairages se refléteront sans force sur les murs fatigués, valseront au rythme des silhouettes indistinctes, avant de devenir flous et crépitant d’épuisement. Puis, la chaleur des intérieurs cédera sa place au froid sec de la nuit et l’indifférence remplacera la proximité. Parcours purement transitoires, nos alleées et venues sur le macadam se rythmeront des échos des talons hauts et des quelques rires et cris épars. Enfin, les minutes défileront péniblement et se graveront d’un vert sans vie sur nos rétines impatientes. Une nuée de gloussements se fera alors entendre du haut des marches et petit à petit une multitude de jambes noircies de nylon se révèleront à nos yeux transis et bouillants.

Réinventons le Vallon !

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Habitant nouvellement le quartier du Vallon, je me suis intéressée aux projets de « rénovations » annoncés par la commune. Mi-février, j’ai assisté à la séance d’information publique au Théâtre 2.21 organisée par les autorités, lors de laquelle M. Olivier Français, Directeur des travaux, a présenté la position de la municipalité suite aux 45 objectifs proposés par la population durant la démarche participative. Les représentant.e.s du service d’urbanisme ont exposé les différentes études qui seront lancées sur le quartier ainsi que la suite de la démarche participative.

De là où je suis vol. 06 – Quand l’indifférence nous prend en otage

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Rue centrale/28.01.2011/8h43. La grisaille matinale semble s’agglomérer autour de ma tête. Le ciel ne me fait aucune promesse et le vent me tend l’échine. Mes muscles sont encore à moitié endormis et seule la vitre, contre laquelle je m’appuie, m’empêche de finir sur le sol. Putain d’hiver ! Puis, le bruit des freins et le mouvement du bus m’éveillent, suffisamment pour que malgré moi mon doigt appuie sur le cercle vert et que les portes s’ouvrent. Je m’engouffre alors dans ce compartiment mobile ergonomiquement préprogrammé et l’air chaud m’enveloppe soudainement. Je me poste à nouveau contre une vitre pour assurer mon équilibre. Mes muscles se détendent légèrement et mon esprit commence à vagabonder autour de moi, au rythme des allées et venues des passagers, des bruits étouffés des lecteurs MP3, des froissements de papier journal et des conversations. C’est alors que je remarque une voix que j’avais ignorée jusqu’alors, trop concentré sur ma personne et sur mon état de veille.

De là où je suis vol. 05 – Quand la cathédrale s’enflamme

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Pont Bessières / 31.12.2010 / 23h40. Dès la sortie de l’immeuble, on sent que quelque chose est différent. L’air semble plus léger et le froid a lâché prise. Nos corps emmitouflés se raidissent un bref instant, avant  de prendre le pli et d’obéir à la chaleur ambiante. Nos joues rougies peuvent enfin s’étirer sans mal au rythme des conversations et des rires. Nos paroles raisonnées et insensées s’élèvent vers les toits de la ville, formant de mystérieuses vapeurs qui, aussitôt expirées, se mettent à danser sans contrainte au rythme du vent. Le bruit des pas résonne. Ils viennent de toutes les directions et emplissent la ville d’une symphonie sereine et parfois désaccordée. Tout nous semble permis ce soir. La magie qu’on nous a annoncée devrait bientôt prendre effet.

De là où je suis vol. 04 – Quand l’obligation d’offrir prend le pas sur le plaisir d’offrir

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Bel-Air/15.12.2010/16h46. Il fait chaud ici. Les néons créent une fausse impression de bien-être et de bienvenue. Partout, les couleurs se rencontrent, se succèdent, s’interpellent, le tout en un délicieux chaos qui ferait rougir un arc-en-ciel. Dans les allées, les gens errent au hasard, le regard hagard et le corps emmitouflé de toute part. Ils essaient d’identifier et d’analyser ce qui se présente à eux. Ils doivent acheter quelque chose, mais quoi ? Le savent-ils seulement ?

De là où je suis vol. 02

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Hall principal, Gare de Lausanne / 26.10.2010 / 08h16 Trop souvent mon regard s’est arrêté sur les machines à tickets, sur le tableau aux chiffres infinis, sur la foule qui s’entrecroise, sur les couleurs vives et trompeuses des affiches murales, sur le flouté des silhouettes, sur le sol usé par tant de semelles anonymes, sur les lueurs électriques et leurs reflets maladifs. Trop souvent j’ai baissé la tête, me contentant de ce spectacle sans saveur, de cette danse que je croyais obligatoire. Traverser la rue, éviter les monstres vrombissant, pénétrer dans l’antre terrifiant, dans la gueule du loup,  choisir une file au rapport attente/patience satisfaisant, repérer son parcours chronométré sur le grand tableau bleu, tapoter les touches virtuelles, insérer son argent d’un geste feignant la maîtrise de soi, ramasser ce qui nous est dû (un bout de papier rose et quelques ronds de métal). Et enfin, après avoir eu la tête plongée dans tant d’absurdités, la relever pour retourner dans la foule étouffante, bruyante, abrutissante.

De là où je suis

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Route de Bel-Air / 20.10.2010 / 16h56   Dix mètres plus haut, Bel-Air grouille. Dix mètres plus bas, le Flon s’éveille doucement. L’air est frais, mais le froid est encore aux portes de la ville, n’osant s’aventurer plus loin. Le vent léger fait vriller les jupes tardives, rares rescapées des chaleurs estivales. Les nuages semblent s’être arrêtés, s’apprêtant à contempler la frénésie qui bientôt animera les rues. Les voitures vrombissent et ralentissent, formant un ballet incessant de bruits et de gaz. Fidèles à eux-mêmes, les oiseaux planent et virevoltent, toujours en quête de quelque nourriture laissée là sur le sol. Il est bientôt dix-sept heures et les bureaux commencent à déverser leurs flots de travailleurs pressés de rentrer ou, pour certains, de s’amuser. Et ainsi, comme une vague sans fin, ils arrivent.

Prélaz, où il fait bon grandir!

« Prélaz, terminus ! ». A quelques encablures de la frontière prillérane, le LBB s’est lancé à la découverte de ce quartier, appareil au poing. Tout de suite, on est interpellé par les enfants dans l’espace public : « Vous prenez des photos ? C’est pour quoi ? »   On se promène dans les Jardins de Prélaz, une opération de 250 logements subventionnés. Terminé en 2004, ce bout de quartier se dresse à l’emplacement d’un ancien dépôt des TL. En termes d’urbanisme, le résultat est assez convaincant : de larges espaces pour les piétons, de … Lire la suite

Le fabuleux destin du Maupas

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Par ce beau mercredi de septembre, je suis bien décidée à découvrir le Maupas et pour ce faire commence par un dîner à la Brasserie du Cygne afin de préparer un tant soit peu mon expédition. Mon itinéraire n’est pas clairement tracé. Il a un but pourtant. Trouver le mini jardin des Echelettes, qui paraît-il est bien connu des habitants du quartier. En route ! Direction les Echelettes. Après trois tours de blocs, me voici bredouille et déçue car on m’avait encensé ce petit carré de verdure et ses jardiniers. C’est mal me connaître que de m’imaginer baisser les bras. Le propriétaire du kiosque est sympathique, m’a-t-on assuré. En effet, nous parlons trois mots et le kiosquier m’oriente chez son voisin le bijoutier-horloger qui connaît mieux le quartier que quiconque.

Le pub du coin

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Départ de Bel Air. Une fois dans le bus numéro 8, les tableaux lausannois défilent : les magasins de la rue de l’Ale, les habitués des bancs de la Riponne, les bars du Tunnel, et puis ça monte. Une boucherie-charcuterie, une maroquinerie, l’imprimerie Bellevaux. Ca y est, j’arrive en terre inconnue. Oui, honte à moi, je ne connais rien à Bellevaux si ce n’est son cinéma. Il est temps d’en savoir plus. Je discute alors avec les autochtones et lorsqu’il s’agit de définir une ambiance, deux incontournables lieux de rencontres se dessinent : la fête du quartier et les bistrots. Comme l’église au milieu du village, un quartier se doit d’avoir son pub du coin. Telle sera ma destination.

“La Borde, c’est l’Afrique à Lausanne”

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Une artère routière empruntée par les pendulaires, un quartier populaire pris en étau entre la vieille ville de Lausanne et la Blécherette, la Borde n’a pas toujours bonne presse. Elle mérite pourtant que l’on s’y intéresse. Du supermarché albanais au café congolais, le Lausannebondyblog est allé tendre son micro du côté des diverses communautés de la Borde. L’occasion de découvrir le regard qu’elles portent sur le quartier et sa multiculturalité.

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