Ça groove à Lausanne !

Du 30 septembre au 3 octobre passé, s’est tenue en ville la troisième édition du Holy Groove, Funk & Soul Festival. Le Bleu Lézard, les Docks, le Bourg et le Romandie ont successivement accueilli musiciens et chanteurs. Jeudi soir, j’ai donc troqué Zelig contre une plongée dans cet univers musical.

Notre « Où croiser un blogueur » 54 déjà tendait l’oreille et proposait aux vôtres d’écouter de la musique Funk & Soul le temps de quatre soirées dans le cadre du Holy Groove. Seule manifestation en Suisse vouée à la musique Funk & Soul ; Holy Groove est né grâce à l’Association Lausanne Funk (ALF). Le festival a comme ligne directrice de privilégier la qualité en dévoilant des musiciens d’ici et d’ailleurs, qui ne sont pas forcément connus du plus grand nombre. Le LBB avait, par ailleurs, interviewé en 2013, Philippe Rocafort, membre du comité de l’ALF qui nous apprenait que le nom Holy Groove est une référence au Holy Grail (le Saint-Graal). « Le groove est le dénominateur commun des musiques qu’on aime et nous sommes sans cesse à la quête de ce Saint-Groove ! », ajoutait-il.

The Speedometer feat James Junior.
The Speedometer feat James Junior.

La musique Funk & Soul, pour ma part, je connais peu. Mais une découverte ne se refuse pas d’autant plus que j’avais ouï dire que la soirée du jeudi était celle avec la meilleure programmation. Au Docks, espace investi pour la première fois par le festival, le deep Funk des Anglais de Speedometer, puis les sonorités seventies du vétéran Cymande se sont fait entendre.

Si la salle est un peu vide, le public, de tout âge, se compose de curieux, d’habitués du festival et de connaisseurs. Sur scène entrent les sept musiciens de Speedometer. Costumes classes et petits chapeaux de mise. La guitare électrique côtoie la flûte traversière. Le concert commence avec la reprise instrumentale de Happy de Pharrell Williams, histoire de poser l’ambiance. Le groupe joue quelques morceaux, puis James Junior arrive. Il est jeune, dynamique et se produit pour la première fois en Suisse. Sous son timbre de voix voilé, le public oscille timidement de gauche à droite tandis que lui-même sautille de part et d’autre de la scène. The Speedometer interprète les chansons de son album No Turning Back sorti le 21 août dernier tout en alternant avec des reprises ; comme celle de Sunny de Bobby Hebb. Au contraire de mes prévisions de novice, l’ensemble s’écoute agréablement plus qu’il ne se danse. James repart en coulisse, le groupe se lâche dans des sons plus Jazz. Le pianiste devient fou et un membre du groupe secoue un conga au-dessus de sa tête. Aucun doute, j’ai préféré la fin de la performance, me rappelant avec nostalgie les soirées Jam Sessions passées au Montreux Jazz Club.

Cymande.
Cymande.

Petite pause et retour dans la salle, qui a eu le temps de se remplir, pour Cymande, que l’on prononce Sah-mahn-day. On vous dira pour parler d’eux que MC Solar leur a pris la mélodie de Bouge de là. Il est, cependant, plus impressionnant de vous dire qu’ils existent depuis 1971. Qu’ils sont, à la base, huit Antillais s’imprégnant des musiques en vogue à Londres, pour y injecter leur héritage caribéen. Mélange de Funk, Soul, R&B aux accents Rastafari un brin tripés, ils sont arrivés comme de véritables pionniers. Sur scène, le groupe aux looks hétéroclites produit paradoxalement une musique plus sobre par contraste avec The Speedometer. Il faut dire qu’ils n’ont plus grand chose à prouver. Moi qui n’y connais rien, je me laisse porter. On me dit qu’ils jouent plutôt des chansons récentes et quelques fois des plus anciennes. Et, afin de réjouir les fans, leur nouvel album intitulé A Simple Act Of Faith sort le 27 novembre prochain !

Je n’ai malheureusement pas pu rester pour la performance de Florian Keller, même si j’adhère à son slogan « Fuck the hype – Here comes the nice ». La soirée m’a fait voyager et je suis heureuse d’avoir découvert le Holy Groove. Je ne peux que vous conseiller de tenter l’expérience l’année prochaine puisque le festival réussit le pari périlleux de proposer des groupes internationaux et locaux à des tarifs abordables. De quoi satisfaire sa curiosité sans trouer son porte-monnaie et ça, c’est plutôt pas mal.

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