Black Milk : de Detroit à Lausanne

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Jeune artiste talentueux de la scène hip hop underground, Black Milk était de passage au Romandie vendredi dernier. L'occasion de découvrir cet artiste et de vous faire un compte rendu.
Jonas
Jonas au Romandie

22h et des poussières, nous arrivons au Romandie pour les concerts de Jonas et de Black Milk. Jonas a déjà commencé. Son rap “d’étudiant”, comme il s’est amusé à le dire, est doux et se veut réflexif. Il présente son dernier album « Oxymore » (découvrez ce morceau ici).  Il parle de nos quotidiens. Il parle de la Suisse, des Suisses. Il parle de son rapport au monde. Il prône de vivre puisqu’un jour nous serons tous “occis et morts”. C’est un flow articulé, pesé, pensé. Les mots percutent ceux qui se rendent attentifs. C’est un concert qu’on écoute, car ce sont des mots qui font  sens. Jonas est accompagné de musiciens et fait monter sur scène La Gale, rappeuse lausannoise, pour un couplet. Le concert se termine. Et on attend avec impatience l’arrivée de Black Milk.

Black MilkCurtis Cross, dit Black Milk, est un jeune rappeur originaire de Detroit. Il est l’un des artistes les plus polyvalents de sa génération dans le monde du hip hop indé. Il fait partie du label Fat Beats et a collaboré avec des grands noms comme Danny Brown, Elzhi du groupe Slum Village ou encore Bischop Lamont. Il est dans le circuit depuis 2002, d’abord en tant que producteur et derrière la MPC (Music production center. Cette machine réunit un sampleur et un séquenceur).

En 2008, Black Milk se lance derrière le micro, pour notre plus grand bonheur. Son flow est précis, vibrant, percutant et envoûtant. Il sort son premier album studio Tronic, ce projet lui permet de se faire connaître du grand public. Ces dernières années, Black Milk s’est imposé sur la scène indé autant grâce à ses paroles, à ses thèmes qu’à sa technique musicale et à son flow derrière le micro. Sur scène, Black Milk vibre et vit la musique. On le sent authentique. Il a d’ailleurs commencé son concert derrière la MPC avant de se mettre au micro. Pour cette tournée, il est accompagné d’un live band, les Nat Turner. Il laisse beaucoup de place à la musique et ne rappe pas tout le long du concert. Il met souvent en avant ses musiciens et leur propose à plusieurs reprises de faire des « solos ». Le public du Romandie est un public averti et amateur de hip hop underground. Plusieurs sont des vrais fans de Black Milk et scandent les paroles. D’autres se laissent porter par la performance musicale et artistique. Après nous avoir dit qu’il voulait nous faire découvrir un peu sa ville, il nous dit qu’ils vont être présents dans la salle après le concert, pour des discussions, des photos, etc. Peut-être que je ne vais pas assez à ce type de concert, mais ça m’a surpris en bien, comme on dit. Cette ouverture simple et directe avec son public m’a paru saine et sincère. Encore un bon point.  Black Milk est un artiste, à voir… et à revoir.

Black Milk et moi ;)
Ma photo de Fan 😉

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