La griffe des rapaces

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Sur le site Internet de Goal AG (www.goal.ch/), on trouve un Memory. Avec les tristement  célèbres moutons, un visage d’enfant qui fait la moue, une croix Suisse et même un Blocher à la joie non dissimulée. Sourire carnassier, pattes d’oie, cheveux gris rat, la métaphore animalière si chère à l’Union Démocratique du Centre (UDC) nous parait tout à coup plus familière. Bref, passons. On se met à jouer, pour voir. Et, notre cerveau fait de la gymnastique historique. On se souvient bien, même si sous chaque carte, on préférerait trouver un motif différent. C’est un peu ça les affiches de l’UDC, on souhaiterait qu’elles n’aient jamais existé, mais on ne peut les oublier. Métaphores alarmantes et messages choquants attirent notre attention.

Special K

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Il y a quelques années, à Lausanne, sous le pseudonyme de K, Nicolas Michel accrochait quelques notes et quelques refrains aux parois de la cave du Bleu Lézard. Depuis, K, en solo ou accompagné de ses deux musiciens, a promené ses chansons sur de nombreuses scènes, de la Suisse à la Belgique en passant par la France ou le Québec. L’été dernier, les balades mutines de l’artiste lausannois ont même eu la chance d’être balancées du haut de la grande scène du Paléo Festival. Pour soulever un pan de la personnalité de ce chanteur suisse qui a su s’exporter, le lausanne bondy blog lui a soumis quelques questions. Rencontre virtuelle avec cet artiste qui s’injecte le quotidien à grandes bouffées d’oxygène et qui smoke another air.

Cinq francs, le prix d’un toit pour la nuit

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«Eh excuse moi, t’as pas deux balles, c’est pour aller à la Marmotte». Ce mercredi soir vers 23h00 ce gaillard à la voix teintée de l’accent riponnien n’a pas eu de bol. La Marmotte, j’en venais, je savais que les dortoirs étaient complets et que les inscriptions fermaient à 21h30. Je savais aussi que la grande majorité des 30 pensionnaires étaient déjà en train de se glisser dans les draps d’un lit de fortune, en essayant de ne pas trop penser au lendemain et en oubliant de faire de beaux rêves. Pour ne pas retomber trop douloureusement dans une réalité poisseuse et pourrie. Et, je savais surtout que je n’avais pas retrouvé en cet endroit, la majorité des gars qui m’avaient un jour ou l’autre demandé deux balles. Certes, il y en avait quelqu’uns, de ces chasseurs de monnaie facile, de ces professionnels du décapsulage de bière, de ces amateurs de montées vertigineuses et de descentes foireuses. Mais, il y en avait moins que ces personnes squatteuses de rue passant inaperçues. Vêtements soignés et verbe aiguisé, cheveux brossés sur le côté et laqués. Ces personnes en jeans, sweat et baskets, qui transportent l’air de rien, les affaires du quotidien dans un sac de voyages. Passants qui se noient dans le fleuve de la masse, tout en étant repoussés vers ses rives. Vies parsemées de petites misères qui se transforment en gros bordel. 

La griffe des rapaces

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Sur le site Internet de Goal AG (www.goal.ch/), on trouve un Memory. Avec les tristement  célèbres moutons, un visage d’enfant qui fait la moue, une croix Suisse et même un Blocher à la joie non dissimulée. Sourire carnassier, pattes d’oie, cheveux gris rat, la métaphore animalière si chère à l’Union Démocratique du Centre (UDC) nous parait tout à coup plus familière. Bref, passons. On se met à jouer, pour voir. Et, notre cerveau fait de la gymnastique historique. On se souvient bien, même si sous chaque carte, on préférerait trouver un motif différent. C’est un peu ça les affiches de l’UDC, on souhaiterait qu’elles n’aient jamais existé, mais on ne peut les oublier. Métaphores alarmantes et messages choquants attirent notre attention.

CFF : ligne à haute tension

Aujourd’hui, j’avais un brin d’espoir. Bon, c’est vrai, il était mince, je savais que les modifications ne seraient pas grandes. Mais de l’espoir, j’en avais assez pour me jeter sur le nouvel horaire à la façon de la fashionista qui découvre la collection du printemps. Oui, sauf que moi, j’ai vite compris que je n’aurai rien à me mettre sous la dent. Pas une once de poil de changement. Nada, niet. L’espoir? Aux oubliettes. Car j’ai beau pointer mon doigt  je ne le vois pas. Quoi? Eh bien, ce dernier train. Celui qui me permettrait de rentrer un peu plus tard que Cendrillon, de finir mes verres et mes conversations, de ne pas avoir à partir avant le début de la soirée, de ne pas avoir à payer vingt balles de parking et  refuser toute boisson alcoolisée. Encore une fois, ce train de nuit, il me passe sous le nez et stoppe toujours net à Cossonay. D’accord, je l’admets, Chavornay, c’est un peu paumé et Andreas Meyer, le patron des CFF, ne va sûrement pas y passer ses vacances d’été. Pourtant, au bout de la ligne, il y a Yverdon et  c’est tout de même la deuxième ville du canton. Et là-bas, en plus, je suis sûre qu’il y est déjà passé le grand patron.

UBS recrute

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La banque fait un pas en faveur des chômeurs. La preuve par cette offre d’emploi reçue dans ma boîte mail. Lisez, savourez et si vous êtes intéressés, postulez sans tarder. Attention, si vous voulez être sélectionnés n’oubliez surtout pas de répéter, “ma coûteuse entreprise, surmontera la crise…”

A travers l’Europe, il roule pour l’Ethiopie

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Posté devant la gare à côté de son vélo qui porte fièrement le drapeau éthiopien, il règle son mini DVD, où défilent des paysages ardents d’un lointain continent. Beaucoup de passants sont interloqués par ce petit bonhomme qui semble promouvoir une grande cause. Les gens regardent d’un air interrogateur ce vélo customisé aux roues parées d’images, suspendant quelques instants leur course vers le prochain train. Le train, Girmay Mesfin ne le prend pas. C’est à la force du mollet qu’il a parcouru les quelques 4800 km qui l’ont emmené jusqu’à Lausanne. Un exploit sportif, un besoin d’aventure, un voyage initiatique? Rien de tout ça. «Si j’ai entrepris ce voyage, c’est pour mettre en lumière les richesses de l’Ethiopie, son histoire, sa culture, sa vie sauvage. Les gens voient en ce pays uniquement la famine et la guerre, je veux leur faire découvrir les trésors cachés de l’Ethiopie.» Le cycliste se lance alors dans une énumération passionnée des atouts de sa terre natale : épargnée par la colonisation, 80 tribus, 200 dialectes, 8 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, lieu de découverte de l’australopithèque Lucy. 

Lausanne ou la ville des difficultés pour les personnes handicapées

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Une villa avec piscine, sise dans un quartier résidentiel d’une petite commune des hauteurs de Lausanne. Devant, des escaliers et une rampe d’accès bordée d’une barrière boisée. Les marches ou la pente droite, peu importe, j’ai la chance d’avoir le choix. Ce n’est pas le cas de la propriétaire, Sonia, 42 ans, paraplégique suite à un accident de moto, il y a douze ans. Bam! Quelques instants, et tout fout le camp, la vie n’est plus comme avant. Phrase cliché vous me direz. Oui, car on ne le sait que trop bien, d’une minute à l’autre, notre routine quotidienne peut ressembler à l’assemblage fantasque d’un puzzle éclaté. Malgré tout, on s’efforce ne pas y penser, et on y arrive plus ou moins, suivant les jours. Le problème est que parfois, certaines personnes ont tellement bien répété leur exercice de négation, se sont tellement appliquées à fermer les yeux, en plissant bien fort les paupières, qu’elles n’arrivent plus à les ouvrir. Et elles parviennent à oublier (ou à nier) jusqu’à l’existence du problème.

Attablée au Comptoir

Il faut l’avouer, lorsqu’on est ado, le Comptoir, cette grande messe nationale à la centaine d’exposants, c’est chiant. Car l’adolescent se fout du nouvel aspirateur vapeur, est trop grand pour se réjouir de la contemplation de la course de petits cochons, et pas assez âgé pour penser à l’achat du jacuzzi de sa future maison. Alors, à l’époque, avec les potes (ou avè les côpains en bon vaudois), pour pallier à l’ennui d’une visite au cœur de cette foire aux accents du terroir, on avait trouvé un truc infaillible. Faire le tour des exposants, en essayant de choper un maximum de choses gratuites. Et c’est évidemment, dans les halles dédiées aux gourmands, que l’on passait le plus de temps, en essayant de se faire une petite bouffe à l’œil. Généralement, notre appétit était relativement bien servi. Enfin…ça c’était il y a environ une dizaine d’années, car aujourd’hui, au Comptoir, peut-on encore se remplir la panse gratuit?

Tous en ligne pour la manif!

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Et si le manifestant du XXIème siècle, c’était un type posé sur le canapé, l’ordinateur sur les genoux et les doigts qui cliquent plus vite que leur ombre ? Une signature contre la torture, un clic pour participer à la lutte contre le réchauffement climatique et un «join the group» contre les 4×4 sur nos routes. Pourquoi ? Ben…euh…parce que tous nos amis sur Facebook sont déjà dedans. Enfin, dans le groupe revendicatif. Pas dans les 4×4. Et puis, accessoirement, ces voitures, elles polluent. 

« Mon travail, j’étais à fond dedans »

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     Entre les photos jaunies et le feu de signalisation récupéré – qu’il peut encore même faire passer du vert au rouge – , la cave lui est toute entière dédiée. A ce petit bout de métro, né en 1877. Il faut dire que les trains l’ont toujours passionné. D’ailleurs,  Jean-Luc Mouron, 58 ans, ne voyage que par le rail, le permis de voiture il n’en a jamais voulu. Normal, pour un gars qui était surnommé à l’époque : « le baron du rail ». Une époque où ce métro, surnommé la ficelle par les Lausannois, reliait Ouchy au Flon, à la faveur de ses 32km/h. Et où lui, Jean-Luc Mouron en était le conducteur. Son métro, comme il le dit en reprenant aussitôt, « pardon notre métro». Mégarde ou plutôt amour. Une liaison qui aura duré quinze ans. D’ailleurs, quand il en parle, il jette toujours un regard nostalgique vers elle. Cette ficelle, qu’il peut désormais contempler que sur papier. Photo accrochée au mur à côté de la table à manger.