« Ah t’es au chômage ?! » ou les joies de l’inactivité

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Il est arrivé le grand jour de la recherche d’emploi ! Plus de petits boulots d’étudiant, j’en veux un vrai, un beau, de travail ! Malheureusement, ça relève du parcours du combattant cette histoire, et je me retrouve avec un joli ticket d’attente à l’ORP. À tous les jeunes lausannois qui ont passé leurs derniers examens en juin, bravo et réjouissez-vous, la vie d’adulte c’est encore plus rock’n’roll que prévu. Première étape : la demande de chômage !

Article ORP Ruminatrix-Ah t’es en Lettres ?! Tu vas finir au chômage !

Ben oui en effet, me voici dans la file d’attente de l’inscription à l’ORP puis dans la file d’attente de l’inscription à la caisse de chômage. Il y a beaucoup d’attente mais au final, on n’a rien d’autre à faire… Je reçois ma convocation à une séance d’information et un entretien de bilan avec un conseiller. L’Office régional de placement va m’aider à trouver du job. La caisse de chômage va m’aider financièrement en attendant. Honnêtement les gars, merci !

Lors de la séance d’information, on est plein, plein de jeunes. Trop de jeunes. Je reconnais un type avec qui j’étais à l’école et mon voisin avec qui je jouais quand j’étais petite. On n’ose pas trop se dire bonjour, on a peut-être un peu honte ou alors rien à se dire puisque la situation est en soi très explicite.

Il y a quand même des rites de passage emblématiques sur le cheminement vers une vie adulte, est-ce que le chômage en fait partie ? Je n’ai pas trop de peine à le croire puisqu’en deux semaines nous sommes trois copines, au sortir de l’université, à avoir eu la chance de participer à cette fabuleuse séance d’information de l’ORP et à passer le premier entretien avec un conseiller.

On m’a toujours répété que si je faisais des études, je serai tranquille. On a toujours besoin de gens qui savent ! Je me berçais donc de cette douce illusion que le marché du travail serait clément à mon égard et qu’on se pousserait à ma porte pour m’offrir un stage de rêve qui débouchera sur un CDI de malade avec un quatorzième salaire.

Roxanne qui a fini son droit en magistrature, me raconte hilare : Au guichet, elle me demande, après dix minutes de conversation, si je parle bien français. En voyant me tête, elle a répondu toute seule à sa question. Cristelle, qui a fait criminologie complète : J’ai eu droit à un waouuuu par rapport à mes études. J’avais envie de crier waaaouuu je me suis emmerdée avec tout ça pour finir ici !  On se sent frustré d’avoir fait tout juste, bien comme il faut et de pourtant devoir demander de l’aide. C’est décourageant à force d’expliquer et de se convaincre que cette démarche est entreprise pour trouver une place dans la société.

Mon conseiller m’a bien précisé que statistiquement les gens trouvaient plus facilement un emploi lorsqu’ils sont encore en exercice. Nous sommes tous les deux désolés d’être là, dans ce bureau froid avec de la moquette. Un peu comme chez le médecin qui nous annonce un sale herpès.  On a clairement l’impression d’avoir un problème comme une maladie sociale. On veut bien nous aider, mais on aurait aussi dû faire plus attention. Encore un paradoxe complexe avec lequel il faut savoir jongler et en sourire.

3 Responses

  1. Fabio
    | Répondre

    Ca Julia, ce n’est que le début. Plus ton chômage dure, plus les gens pense que c’est de ta faute et te le reproche.
    Et vu que tu semble jeune et en bonne santé, ton chômage risque de durer 🙂

    Bon courage.

    • Julia
      Julia
      | Répondre

      Merci Fabio! Tu fais plaisir!!

  2. Mathieu
    | Répondre

    ….. Je suis aussi passé par cette case chômage….. J’en suis sorti en arrivant au bon moment à la création d’une entreprise entre plusieurs amis.
    J’ai eu de la chance.
    Actuellement, je milite pour le Revenu de Base Inconditionnel. Je crois que c’est là une excellente solution pour notre société où le plein emploi est de plus en plus menacé. Je vois 3 facteurs.
    – l’automatisation grandissante des boulots peu qualifiés
    – les entreprises qui reportent leur travail sur leur clients (self-chekout aux caisses, billet à imprimer soi-même, e-banking…)
    – la financiarisation de l’économie qui fait que les gens qui ont du frics vont le faire fructifier en achetant des produits financiers.. et non en créant des entreprises….

    Du coup l’emploi est de plus en plus rare… même si une montage de boulot est bien présente.

    Avec un Revenu de Base Inconditionnel, donc une somme suffisante pour vivre donnée à tout le monde. Chacun(e) peut avoir les ressources en temps et en argent pour se créer sa propre entreprise et/ou tout simplement vivre.

    Je vois beaucoup d’espoir dans le RBI.. et heureusement l’idée passera en votation dans quelques mois…. j’espère que le peuple suisse sera assez sage pour y voir les avantages et voter OUI !

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