Abattre ou ne pas abattre la forêt du Flon: telle est la question

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Dans le cadre du projet du tram t1, la forêt du Flon est devenue un champ de bataille entre opposants et partisans à son abattage: bien qu'en accord sur le projet du tram en soi, les deux camps s’écharpent sur la construction du «barreau routier» Vigie-Gonin, prévu pour compenser la fermeture au trafic entre St-François et Chauderon et sur la Rue de Genève et impliquant de raser une portion de la forêt du Flon. Pour débattre des enjeux liés à ce sujet épineux et présenter leurs arguments, Sara Gnoni (Les Verts) et Xavier de Haller (PLR) se sont prêtés au jeu de l'interview croisée.
La forêt du Flon depuis la Rue des Côtes-de-Montbenon. CC by Yoan

La nouvelle est tombée le 8 février dernier: le Tribunal administratif fédéral (TAF) a considéré que l’aval pour construire le barreau entre l’avenue Jules Gonin et la Rue de la Vigie, prévu dans le projet pour compenser le trafic routier engendré par la fermeture du tronçon de la Rue de Genève qui traverse le Flon et de l’axe St-François-Chauderon, n’était pas du ressort de l’Office fédéral des transports (OFT). Un vice de procédure qui vient reporter une nouvelle fois le début des travaux du tram t1 et donner dans le même temps un sursis à la forêt du Flon, dont une partie devait être rasée pour laisser place à un barreau routier, conformément à ce qui avait été envisagé dans le projet du futur tram. Or, les Verts lausannois, Ensemble à Gauche et l’association MyFlon (menée par «Toto» Morand), qui ont toujours été convaincus que des alternatives à la destruction de ce bout de forêt primaire existent, rejettent l’idée qu’un tel abattage serait indissociable du paquet de mesures prévu dans le projet du tram. Le PLR, l’UDC et le Grand Conseil (qui avait approuvé en 2016 le texte avec 99 oui, 15 non et 6 abstentions), approuvent pour leur part ce défrichement, considéré comme inévitable. Craignant notamment de voir ébranlé le projet de la Maison du Livre et du Patrimoine (qui doit se nicher sous le barreau routier), le Parit socialiste lausannois s’est également déclaré favorable à cette construction.

Pour tenter d’y voir un peu plus clair et dans l’attente que le Tribunal Fédéral (TF) ne rende son verdict suite au recours déposé par les transports publics lausannois (tl), cinq questions ont été posées à un-e représentant-e de chacun des camps: Sara Gnoni est experte-comptable, conseillère en environnement et élue au Conseil communal lausannois depuis 2016 chez Les Verts. Xavier de Haller est avocat et conseiller communal lausannois depuis 2005 dans les rangs du PLR.

Sara Gnoni (politicennes.ch) et Xavier de Haller (plr-vd.ch)

Quelles raisons ont poussé le Conseil communal à rejeter en mars 2017, la proposition des Verts visant à mener une étude sur des solutions alternatives à l’abattage de la forêt du Flon? 

Sara Gnoni: A ce moment, la majorité du Conseil communal était convaincue que le barreau routier Vigie-Gonin était indissociable du projet de tram. Il y avait donc une peur de retarder l’arrivée de celui-ci en remettant en question cette liaison routière. Aujourd’hui, suite à la décision du TAF, on constate pourtant que le développement de solutions alternatives aurait très certainement permis de faire gagner du temps au projet de tram t1, que les populations de Lausanne et de son agglomération attendent depuis de nombreuses années. Enfin, il faut avouer que la majorité du Conseil communal n’a pas perçu à sa juste valeur le rôle essentiel de la forêt du Flon, que ce soit au niveau paysager, de biodiversité ou de climat urbain.

Xavier de Haller: A l’époque, il était prématuré de réaménager le projet alors qu’il était – et est encore –  en conformité avec la loi, notamment en matière d’aménagement du territoire. Ce projet a été longuement réfléchi ; il est le fruit de nombreux consensus, avec la société civile d’une part, les acteurs politiques et économiques d’autre part. A ce stade du processus, je considérais donc qu’entamer à nouveau une discussion et engager des moyens financiers pour relancer une étude s’apparentait à ouvrir une nouvelle boite de Pandore. Je rappelle par ailleurs que la rampe Vigie-Gonin s’inscrit dans un projet de réaménagement global du centre urbain: impossible donc de modifier un rouage de tout un mécanisme sans que d’autres s’en trouvent impactés. La fermeture au trafic du Grand-Pont et de l’axe St-Francois-Chauderon sont deux exemples de ces rouages impliquant la construction du barreau Vigie-Gonin.

La récente décision du Tribunal administratif fédéral, qui pointe un vice de procédure et accorde dans le même temps un sursis à la forêt du Flon, relance-t-elle les espoirs des opposants à sa destruction?  

S.G.: Oui, très clairement. Les Verts lausannois sont extrêmement satisfaits de cet arrêt du TAF, qui valide l’autorisation de construire du tram t1 et qui renvoie le projet routier du barreau Vigie-Gonin à une procédure ad hoc. Le TAF ne fait finalement que confirmer ce que nous avons dit à plusieurs reprises, soit que cette liaison routière ne devait pas faire partie de la procédure d’approbation des plans ferroviaires, car elle ne présente pas un rapport nécessaire et étroit avec l’exploitation du tram. Aujourd’hui, le tram devrait donc pouvoir se faire sans le barreau Vigie-Gonin, en préservant la forêt du Flon.

X.d.H.: De fait oui, car on ne peut pas commencer les travaux. Mais n’oublions pas qu’il y a un considérant dans l’arrêt du TAF qui dit que cette rampe est nécessaire. Ce même arrêt, sans exclure la construction du barreau, juge que l’autorisation pour ce faire aurait dû être soumise au Canton et non à l’Office Fédéral des Transports. Mais revenir en arrière cinq ou six ans après l’avancement d’un tel projet, obtenu à force de discussions et de consensus, c’est suicidaire! Aujourd’hui, je regrette que ce débat lausanno-lausannois vienne freiner un projet qui concerne une agglomération de près de 250’000 habitants, dont une bonne partie attend sa mise en route.

Qu’attendez-vous de la future décision du Tribunal Fédéral et comment voyez-vous l’évolution du projet pour les mois à venir?

S.G.: J’espère que le Tribunal fédéral confirme la décision du TAF, ce qui signerait l’arrêt de mort du barreau Vigie-Gonin. Seul dans une nouvelle procédure routière, celui-ci n’a en effet que peu de chance d’aboutir face à la législation forestière d’une part et encore moins devant la population lausannoise, qui pourrait être amenée à voter lors d’un référendum. Aujourd’hui, ce n’est pas d’une nouvelle procédure pour le barreau Vigie-Gonin dont le tram a besoin, mais d’alternatives crédibles à celui-ci. Les études de trafic ayant conclu à la nécessité de cette nouvelle route sont dépassées. Elles se basaient sur des données de 2010 et ne prenaient même pas en compte les développements futurs de l’offre en transports publics, comme le métro m3, qui va diminuer significativement le trafic au carrefour Chauderon sud. De plus, le taux de motorisation des lausannois a continué sa décroissance et les parts modales des transports publics et de la mobilité douce ont continué à augmenter. De nouvelles études doivent donc être réalisées sur la base des données actuelles et du retour d’expérience très positif des monitorings réalisés lors de récentes fermetures provisoires de tronçons routiers (Pont Chauderon et Vieux-Moulin), qui ont montré un intéressant phénomène d’évaporation du trafic. Tout cela conduira naturellement à renoncer au barreau routier Vigie-Gonin. Enfin, nous espérons que le Tribunal fédéral lève l’effet suspensif demandé par des recourants et que les travaux du tram puissent ainsi débuter sans attendre.

X.d.H.: Si le TF venait à donner raison au TAF, le projet du tram se retrouverait dans une impasse. Ma plus grande crainte viendrait d’anciens opposants, notamment le Lausanne Palace, à qui l’on avait promis, pour les convaincre de lever leur opposition au tram, que la construction de la rampe Vigie-Gonin viendrait compenser la fermeture du Grand-Pont au trafic routier. Si le TF rejette le recours des tl, l’on pourrait certes toujours envisager de démarrer les travaux du tram, mais en l’absence d’autorisation pour construire la rampe, nous ne respecterions pas le contrat signé avec d’anciens opposants. Ces derniers pourraient saisir la justice pour faire respecter les engagements pris à l’époque par les autorités. Parallèlement, démarrer le chantier du tram sans savoir quelle solution alternative viendra remplacer le barreau Vigie-Gonin, cela signifierait avancer à l’aveugle et donc prendre de gros risques pour l’avenir. Il faut rappeler que la construction du tram implque la fermeture de la circualtion sur la Rue de Genève entre la caserne des pompiers et la Place de l’Europe. Une telle fermeture est impensable sans un aménagement routier permettant de compenser les reports de trafic.

En attendant que le tram t1 soit opérationnel, quelle(s) mesure(s) utile(s) prendriez-vous immédiatement pour fluidifier les déplacements dans Lausanne et son agglomération?

S.G.: La ville s’est rendue compte que 40% des voitures qui entrent dans Lausanne ne sont là que pour la traverser. Ces voitures encombrent donc le centre. Lutter contre cela nous offrirait d’énormes gains pour fluidifier le trafic. Il faut également favoriser la mobilité douce, le vélo notamment. Il faut aussi intensifier les fréquences de bus, aménager les feux et les bandes qui leur sont réservées pour leur donner la priorité sur le trafic automobile. Il faut enfin mettre en place des mesures restrictives: augmenter les zones à 30km/h ou les zones rencontre, supprimer des parkings (comme celui de la Place Pépinet par exemple, qui est une aberration) et rendre ces espaces piétons, comme la Place de la Navigation à Ouchy, qui était longtemps un immense parking et qui est aujourd’hui devenue une place publique et festive, avec des concerts, des évènements etc. Toucher aux acquis, ça implique certes quelques mécontentements au début, mais après un temps d’adaptation, les gens changent progressivement leurs habitudes, s’en accommodent et personne ne veut revenir en arrière!

X.d.H.: Il faut concentrer le trafic de transit sur la périphérie et concentrer le trafic urbain sur les grandes artères (une qui vient depuis l’est, une depuis l’ouest et une autre depuis le nord) pour le canaliser un maximum jusqu’aux parkings de la Riponne, St-Francois etc. Depuis là, les automobilistes utilisent les transports publics ou se déplacent à pied pour leurs différents besoins au centre-ville. Donc garantir la fluidité sur les «pénétrantes» et éviter par ailleurs de placer des feux tous les 50 mètres tout en favorisant le 60 km/h là où c’est possible (l’inverse en fait de ce qui a été fait à l’avenue de Provence, où la vitesse à récemment été réduite à 50 km/h.).

Que rétorquez-vous à vos opposants qui relèvent que la construction du barreau Vigie-Gonin n’impliquera pas la destruction intégrale de la forêt du Flon?

S.G.: Il s’agit tout de même de 66%* de la surface de la forêt qui serait défrichée. Ce n’est pas une forêt ordinaire mais une forêt primaire, un reliquat de la forêt initiale, de ce qu’était Lausanne avant que nous venions la «coloniser». Étant donné que le sol est en pente et à l’ombre, elle est aussi une source de fraîcheur. Ce patrimoine naturel est à considérer comme un patrimoine humain et donc à protéger comme un monument à part entière avec la faune, la flore et toute la biodiversité qu’elle contient. Détruire un patrimoine vivant qui existe depuis toujours pour faire une route, en 2018, c’est un anachronisme! De plus, les mesures de compensation, notamment les arbres plantés à la vallée de la Jeunesse, vont mettre trente ans pour ressembler à quelque chose et peut-être cinq cents ans pour ressembler à ce qu’est la forêt du Flon aujourd’hui. On pourrait au contraire la mettre en valeur, l’aménager et prouver ainsi qu’il ne s’agit pas que de «quelques buissons» au Flon, comme on l’entend il est vrai souvent.

Si le projet du tram t1 avait impliqué la destruction d’une surface plus importante que celle dont on parle ici, auriez-vous reconsidéré votre position?

X.d.H.: Si l’on parlait de faire passer une rampe en plein milieu de Mon-Repos, bien sûr que mon avis aurait été différent. Lorsque j’emprunte les sentiers qui traversent la forêt du Flon, je ne crois pas y voir un espace de biodiversité exceptionnel. De plus, cette portion de forêt orientée nord est en devers, ce qui n’offre aucune possibilité de l’utiliser en tant qu’espace de loisir, pour le pique-nique ou comme place de jeu par exemple. Qui plus est et à ma connaissance, seuls 25%** des arbres de la forêt seraient abattus, selon ce qui est envisagé dans les plans des travaux. Enfin, la ville prévoit des mesures de compensation pour replanter les arbres abattus dans une autre zone de la ville.

*  Ce chiffre correspond à la surface de forêt primaire qui serait effectivement abattue au Flon.
** Ce chiffre correspond à la différence entre la surface de forêt primaire abattue au Flon (66%) et la surface de nouveaux arbres replantés telle qu’elle a été prévue dans les mesures de compensation.


Et maintenant, deux scénarios possibles

La date de mise en service du tram est désormais suspendue à la décision du Tribunal fédéral. Si le recours des transports publics lausannois est acceptée par la plus haute instance du pays, le tram devrait être opérationnel en 2023. S’il le rejette, une nouvelle mise à l’enquête devra être alors lancée et repoussera probablement ce délai de quatre ou cinq ans. La décision du TF ne devrait pas tomber avant l’été.


Pour aller plus loin

  • Le projet de liaison Vigie-Gonin sur le site de la ville de Lausanne ici.
  • Le projet du tram t1 sur le site de la ville de Lausanne ici.
  • Tous les «Axes forts» de la ville de Lausanne dessinant le futur de la mobilité dans l’agglomération ici, également synthétisés dans cet excellent graphique.
  • «La rampe qui se dresse sur la route du tram»: article du 24heures suite à la décision du TAF ici.

5 réponses

  1. Vincent Rossi
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    L’automobile individuelle, c’est le passé. Une forêt primaire, dans un contexte de centre-ville de plus en plus souvent soumis à des canicules, c’est un joyau qu’il nous appartient de valoriser, d’étendre, de protéger.

    Attention à M. de Haller qui prétend que seuls “25% des arbres seraient abattus”: non, 25% de la surface de la forêt serait perdue, mais 66% des arbres seraient abattus. La différence serait replantée, ce qui n’est pas une réelle compensation avant de nombreuses années. De plus, si un bâtiment est construit sous la rampe, la circulation de l’air et de l’humidité sera coupée. On perd l’effet fraîcheur et le bâtiment morfle. Tout ce projet de rampe est une immense bêtise.

    • Yoan
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      Monsieur Rossi,

      Un grand merci pour votre commentaire et plus particulièrement pour le complément de données techniques relatives à la construction du bâtiment de la Maison du Livre et du Patrimoine.
      Avec les meilleures salutations de l’équipe du LBB,

      Yoan

  2. La bulle
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    Il est préférable de ne pas parler de forêt “primaire” dans la mesure où ce peuplement est le fruit d’une colonisation secondaire et que cette zone a très probablement été défrichée comme la totalité de la commune et la majorité du pays. Il s’agit, certes, de pinaillage, mais le poids des mots évoque le sérieux des protagonistes. Le choix des mots d’ailleurs est intéressant chez M. de Halller puisque ce projet ” (…) est le fruit de nombreux consensus, avec la société civile d’une part, les acteurs politiques et économiques d’autre part” qui exclut les milieux écologues, naturalistes et forestiers d’une question dont ces acteurs sont à n’en pas douter les plus compétents. Laisser la biologie aux financiers est sans doute une bien triste et dangereuse idée. Armé d’un modeste savoir, je me permets de qualifier prosaïquement ce cordon boisé comme écologiquement pauvre. Biodiversité spécifique (nb d’espèces), structurelle (interactions entre espèces) ou même fonctionnelle (services rendus collatéralement à l’Homme par un écosystème en bonne santé) ne justifient pas un choix – rationnel – favorable à son maintien. Seulement, ce cordon a malgré tout une fonction écologique non négligeable (relais pour la faune ou la flore, captage des eaux -> rafraîchissement / microclimat par évapotranspiration, etc.) mais surtout social et politique qui justifie un choix – émotionnel – de maintien et de sauvegarde. Les projets d’urbanismes sont des traits dessinés sur AutoCad en fonction des bailleurs de fonds et des compétences / intérêts des ingénieur.e.s. Prendre position et parler pour ces arbres et buissons, c’est se mobiliser pour la masse silencieuse quoique critique de celles et ceux qui souhaitent plus d’écorces en ville au détriment des costumes cravates. L’arbre enfin est un éternel silencieux qu’il est urgent de savoir écouter. Et écouter l’arbre n’est assurément pas plus bête ou risqué que d’écouter les tenant.e.s de la politique…

    • Vincent Rossi
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      Jolie réponse de La bulle. J’admets humblement me fier à l’avis d’autres personnes (1) elles aussi armées d’un modeste savoir, qui ont assuré que ce peuplement est représentatif de la forêt originelle du site (avant défrichement par l’homme) en termes de composition des essences et de d’espèces présentes d’arthropodes et de champignons. Choses impossibles à reconstruire après défrichement total. Cela s’expliquerait par le fait que ce talus était peu accessible avant le comblement de la vallée.
      En admettant que cela n’en fasse pas pour autant une forêt réellement primaire, ce que j’entends volontiers, la fonction écologique de microclimat est à mon sens, en elle seule déjà, suffisante pour justifier rationnellement son maintien. N’oublions pas que l’accord de Paris prévoit déjà +1.5°C en moyenne, et que cet objectif n’a pratiquement aucune chance d’être atteint. Nous nous acheminons plus probablement vers +5°C (2). Chaque goutte de fraîcheur compte.

      (1) Gaétan Genetti, cité succintement ici: https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/visite-guidee-bois-dressent-tram-lausannerenens/story/31933958 et d’autres personnes travaillant dans le domaine forestier.
      (2) Shearer C, Fofrich R, Davis SJ (2017) Future CO2 emissions and electricity generation from proposed coal-fired power plants in India. Earth’s Futur. doi: 10.1002/eft2.201

  3. La bulle
    | Répondre

    Effectivement, ce type de peuplement est représentatif d’un type de forêt originel, à un moment donné d’une succession (changement / évolution d’une composition botanique en fonction du stock grainier et des conditions pédoclimatiques locales) végétale.
    Je ne souhaite pas m’aventurer dans un débat de spécialistes qui n’aurait nullement sa place ici, mais j’insiste simplement sur le fait que d’un point de vue strictement écologique, cette forêt ne peut pas être qualifiée de primaire. Ce qualificatif est d’ailleurs (trop) souvent utilisé pour ajouter artificiellement de la valeur à une structure naturelle, comme si l’absence d’intervention humaine provoquait une plus-value incroyable. Cette affirmation est discutable en beaucoup de points et de plus, sans être philosophe (en m’aventurant sur un terrain qui n’est pas le mien donc), je vois là une exclusion perverse de l’Homme par rapport au milieu naturel qui justifie d’avantage une rampe Vigie-Gonin à un cordon boisé.
    Il est absolument pertinent en effet de considérer l’action microclimatique de ce cordon comme très importante et vous avez raison de le noter. Je l’ai peut-être maladroitement mis en retrait par rapport à une fonction (supposée) faible de biotope. Une route ne permet effectivement pas de réguler les fluctuations climatiques aussi bien que cette structure arborée.

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