A Sens Unik et sans retour…

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[INTERVIEW] Paléo c’est fini. Sens Unik aussi. Six ans après « Mea Culpa », le groupe lausannois pionnier du rap francophone, fait sa tournée d’adieu. Rencontre vendredi dernier, à deux heures de leur performance au festival nyonnais.

C’était en 2009, à l’inauguration de « Pomp it Up » à Lausanne. Carlos et sa clique s’y retrouvent pour un titre et puis basta. C’était sans compter sur la témérité d’un fan nostalgique qui leur souligne que les 20 ans du combo approchent. Hésitations ! Et pourquoi pas ? Séparés depuis 2005, Bio, Just One, Deborah et Carlos de Sens Unik reprennent la route des studios et compilent « Générations » (distr. TBA), un album Best of agrémenté de quatre titre inédits. A quelques heures d’enflammer le chapiteau de Paléo, les Lausannois évoquent leur carrière, Renens et la génération montante des rappeurs Romands.  

Lausannebondyblog: J’avais 7 ans. J’étais à la plage de Bellerive avec mon frère et ses potes lorsque l’un d’eux vous pointe du doigt et dit « Regarde, ce sont les mecs de Sens Unik vers les terrains de basket. C’était l’été 1991 et vous veniez de faire votre première scène. Des souvenirs ?

Just One: Ah oui juste, me souviens qu’on avait rappé à Bellerive. Comment cela se fait que tu te souviennes de ça ?

LBB: J’en sais rien. Me souviens de ça, comme du poster de Run DMC et leurs gros réveils autour du cou dans la chambre de mon frère et les Nike Air de Michael Jordan qu’il m’avait ramenés de son mois à New-York…Mais tout cela n’a aucun lien.

Carlos: Plus sérieusement – il se fait couper la parole.

Just One: Mais c’est très sérieux ce premier rap à la piscine de Bellerive.

Carlos: Me souviens qu’on appréhendait ces premiers pas dans le rap de manière totalement inconsciente et naïve. On se disait juste qu’on allait faire un truc sans penser une seconde au futur de Sens Unik. La même année nous avons sorti « VIème sens ». Un premier disque réalisé avec la plus grande liberté du monde et sans aucune prétention. Et ça a démarré.

Un groupe, partagé entre Lausanne et Renens, et qui fait du rap alors que peu de monde s’y connaissait. C’était suicidaire, non ?

Just One : Au contraire! Il y avait des signes, comme la montée de la culture graff, qui montraient que quelque chose allait se passer.

Carlos : Lorsqu’on a sorti ce premier album, le rap était gentiment en train de s’installer en Europe. On était peut-être des Suisses, mais nous nous sommes lancés dans le genre bien avant les débuts du rap français.

Et de devenir une référence dans le genre ?

En tout cas pour les quadras d’aujourd’hui qui ont suivi l’évolution du rap lausannois.

Cela vous fait quoi de regarder aujourd’hui la jeune génération, fan de rap et surréférencée?

Bio : Les p’tits jeunes en survêt’ à Bel-Air ne me surprennent pas. On a tous besoin de codes pour intégrer une culture musicale. Ce sont les meilleurs outils pour exister et c’est un passage obligé. Nous aussi, nous suivions des codes il y a 20 ans. Tu copies pour appendre et ensuite tu t’en détaches.

Vingt ans de carrière entrecoupée de quelques breaks et sept albums. Quel regard portez-vous sur ce parcours ?

Carlos : Toujours sur le cul d’être toujours là. Cela nous dépasse un peu.

Sens Unik, un groupe de Renens ? Vous revendiquez l’étiquette ?

Bio: C’est sûr que tu revendiques une appartenance, mais on n’en joue pas. Même si nous sommes partis en Suisse allemande et à l’étranger, c’est ici que Sens Unik s’est fait et a grandi. Nous faisons parti de la musique suisse. C’est clair que Lausanne ou Renens sont de petites villes, mais nous avons tous un profond respect pour la qualité des choses qu’elles entreprennent.

Le train pour Nyon était bourré de Renanais. Va pas falloir vous louper ce soir ?

Just One : Oh la vache. Ca me fout la boule au ventre.

Carlos : J’ai envie de faire c***.

Mais vous avez pu vous faire les jambes il y a quelques jours au Gurten Festival ?

Just One : Oui d’accord, mais à Paléo, tu ne peux pas te louper devant ton public. D’autant plus si Renens est là, ça te met une certaine pression.

Carlos : Ca nous a quand même permis de désamorcer les choses et de nous libérer.

Just One : Le jour où on a décidé de se reformer pour quelques dates, on a quand même eu la trouille que personne ne vienne. On voulait annoncer la nouvelle sur internet, mais un connard venait juste d’acheter le nom de domaine sensunik.ch. Il nous demandait 5000 balles pour le racheter. Si je le croise ce soir… (rire)

Comment se caler musicalement après cinq ans. La première répétition, c’est comme la première fois avec une ex-copine ?

Deborah : C’était horrible. On était parti enthousiaste et cela ne donnait rien.

Comme une première fois donc…

Carlos : Ca nous a foutu la trouille. On s’est demandé d’un coup si c’était une bonne idée. Mais la deuxième répétition s’est super bien passée, de quoi dissiper tous les doutes.

Just One : Et d’en rassurer plus d’un (rire).

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Mehdi

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