« DANS LA TÊTE. Une exploration de la conscience » – Expo

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La conscience est un thème qui semble a priori assez complexe. C'est donc avec une certaine appréhension que je me suis dirigé vers l'expo temporaire actuelle du Musée de la main qui traite de ce sujet. Heureusement, sur ce coup-ci en tout cas, j'ai constaté qu'une expo scientifique n'est pas forcément à éviter dans un week-end « détente » !
Quel bel homme.
Quel bel homme.

Mickey existe, je l’ai rencontré. 😉 Blague mise à part, si j’ai choisi de mettre cette autoportrait fort réussi en une, ce n’est pas de l’inconscience, mais la conscience que le ridicule ne tue pas. Et qu’il peut au contraire représenter un excellent moyen d’attirer l’attention sur un sujet qui ne va pas forcément susciter d’entrée de jeu un énorme intérêt chez autrui.

Au fond, qu’est-ce que la conscience ?

Ce sera donc un succès si je parviens à vous inciter à vous poser cette grande question existentielle ne serait-ce que quelques secondes : qu’est-ce que la conscience, et d’où provient-elle ? Quel est, au plus profond, ce « je » qui lit ces lignes en cet instant ? Comme le relève l’un des panneaux introductifs de l’expo dont je vais vous parler, d’un point de vue scientifique, la conscience peut-être finalement réduite à bien peu de choses : des réactions chimiques, des impulsions électriques échangées entre neurones, et basta, pas d’âme ou d’esprit sans cerveau. Peut-être… mais qu’est-ce qui constate, observe les activités des neurones du cerveau ? Les neurones eux même ? Il me semble que ce raisonnement s’apparente à un serpent qui se mort la queue.

J’ai mis un jeton vert, non sans hésiter.

J’arrête là mes divagations métaphysiques pour me concentrer sur le contenu de l’expo. Je vous rassure, elle n’est de loin pas aussi abstraite et elle va surtout vers le concret, vers ce que la science a à nous dire de bien arrêté sur le thème.

Perception et interprétation, ou la définition de la conscience

Après tout, on peut définir assez simplement la conscience : c’est l’ensemble des processus mentaux d’un sujet qui perçoivent et interprètent la réalité qui l’entourent. Outre divers explicatifs vulgarisant ces notions, l’expo propose d’emblée d’assez nombreux éléments interactifs amusants. L’un des plus marquants est bien-sûr ce fameux casque à deux cônes, lequel déforme les sons et brouille notre perception auditive, c’est assez déroutant !

La conscience de soi, et les différents états de la conscience

Percevoir et interpréter, même les insectes le font dans une certaine mesure. Par contre, avoir conscience de soi, d’un « je » séparé des autres, voilà déjà plus prodigieux, et l’expo s’arrête notamment sur l’apparition de cette notion chez les tous jeunes enfants.

Au sortir du coma, mieux vaut le grand air que la chambre d'hôpital.
Au sortir du coma, mieux vaut le grand air que la chambre d’hôpital.

On poursuit ensuite la visite avec l’exploration des différents états de conscience existant, de l’éveil à l’état comateux. Ce dernier fait l’objet d’assez larges développements, avec un descriptif et des illustrations des techniques modernes pour soigner les patients sortis du coma. Il semblerait que l’état de conscience de ceux-ci s’améliore en plein air par rapport à ce qui ce passe sous les néons d’une chambre d’hôpital, vous m’en direz tant !

Sommeil : les rêves, les insomnies, le somnambulisme…

Dans les pièces suivantes, les concepteurs de l’expo ont jugé utile de disposer de voluptueux coussins et même un lit à l’attention des visiteurs qui, ennuyés et fatigués par toutes ces notions scientifiques, piqueraient bien un petit somme. Je ne plaisante qu’à moitié : une large partie du musée est consacré au phénomène du sommeil, d’où la literie. On y explore le monde du rêve, les cause des insomnies (et de l’hypersomnie, et oui ça existe aussi), le somnambulisme…

Vous souffrez d'insomnie ? Vous devriez essayer l'Ostrichpillow (® !) ! De là à dire qu'on prend les consommateurs pour des autruches...
Vous souffrez d’insomnie ? Vous devriez essayer l’Ostrichpillow (® !) ! De là à dire qu’on prend les consommateurs pour des autruches…

Illusions et hallucinations

On finit ensuite le parcours en beauté sur un thème plutôt sexy : quand la conscience, défaillante, interprète mal la réalité ou la déforme. Que ce soit par exemple après absorption de psychotropes, de manque de sommeil, pour cause de maladie neurodégénérative… J’ai personnellement bien ri devant quelques photos de toiles tissées par des araignées auxquelles des scientifiques ont cru bon d’administrer diverses substances, « pour voir ». Figurez-vous que les pauvres arachnides cobayes qu’on a nourri avec de la caféine ont tissé des toiles beaucoup moins abouties que celles qui ont carburé au LSD. Amateurs de café, de Red Bull ou de Coca, je dis ça, je dis rien. 😉

Quelques œuvres d’artistes

Un bel homme dubitatif devant un drap aux apparitions psychédéliques quand on le touche.
Un bel homme dubitatif devant un drap aux apparitions psychédéliques quand on le touche.

Bien que déjà navré par la longueur du présent article, il me faut encore mentionner que diverses œuvres artistiques ont été insérées dans cette exposition au focus plutôt scientifique. Celles-ci me sont un peu passées à côté, je me suis simplement fait la réflexion que les artistes choisis ont peut-être fumé quelques pétards de trop. 😀 Mais allez, j’admets que c’est quand même bien vu d’égayer le parcours avec ces quelques tentatives créatives, qui sont bien évidemment en lien avec l’expo.

En bref : Expo interactive, intéressante, parfois comique, bonne pioche !

En conclusion, je souligne avoir passé un moment assez enthousiasmant, alors que je suis un visiteur plutôt exigeant et difficile. Sur des sujets ardus, l’exposition Dans la tête rend accessible, amusera même les enfants, donne envie d’en savoir plus. Le « décorum » est soigné dans toutes les pièces, photos, vidéos et objets en tout genres illustrent ce qu’il n’est pourtant pas évident d’illustrer.

Des pantoufles qui marchent sur un mur en direction de balles de tennis, ça c'est de la vulgarisation !
Des pantoufles qui marchent sur un mur en direction de balles de tennis, ça c’est de la vulgarisation !

Un élément m’a pourtant un brin déçu, c’est la quasi absence d’histoire sur l’évolution des explications données au phénomène de la conscience, et, peut-être aussi, d’un étalage des différents points de vues philosophiques sur la question qui existent encore aujourd’hui. J’admets toutefois que dans une expo aux dimensions assez limitées, il fallait bien faire des choix, je ne lance donc pas la pierre aux concepteurs qui ont accouché de quelque chose de tout à fait abouti et cohérent.


Aspects pratiques et pour en savoir plus

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