7ème Convention d’Editions indépendantes !

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L’association Kabak propose, parmi ses projets socioculturels lausannois, la 7ème Convention d’Editions indépendantes qui se tiendra ce samedi 12 octobre et le dimanche 13 octobre au Théâtre 2.21. Le collectif nous présente l'événement.

FLYER_convention7_webLausanneBondyBlog (LBB) : Pouvez-vous me présenter l’association Kabak et me raconter comment s’est initié le projet de la Convention d’éditions indépendantes ?
Kabak : Kabak est une association à but non lucratif qui existe depuis 2004. Le projet Kabak est une prolongation de l’association Tir Groupé, qui était installée dans les bâtiments de l’ancienne Ecole de chimie, sur la place du Château de Lausanne. Quand les lieux ont été récupérés par la Ville, l’association s’est restructurée et a reçu une subvention de la ville. Mais ils avaient perdu les lieux où ils accueillaient les gens pour les concerts. A partir de 2004, Kabak s’est installée dans un ancien garage au Vallon, ne pouvant plus accueillir de public la programmation est donc devenue nomade.
Kabak propose avec cette programmation nomade à Lausanne et alentours de mettre en valeurs d’autre forme de projets culturels. Le collectif ne s’interdit rien, il y a eu divers projets, de la Cantine Nomade, repas participatif sur la place du Vallon  aux projections de films de photographes dans des lieux culturels et associatifs.
L’un des buts est de soutenir des projets dans le quartier où est implantée l’association. Nous sommes dans le quartier du Vallon, nous avons déjà organisé des cantines nomades, le « ciné vallon » et nous participons aux fêtes de quartier, aux portes ouvertes du théâtre 2.21, ce genre de choses.
Il y a cette dimension-là, puis il y a aussi celle de proposer des projets dans des lieux culturels à Lausanne, projets culturels, artistiques ou sociaux « alternatifs » ou qui proposent autre chose en fait. Par exemple, on a fait une fois un événement au Romandie qui proposait des performances, donc en fait, c’est toujours une utilisation différente des endroits de ce qu’ils font d’habitude.

 LBB : Et la Convention ?
Kabak : La Convention, c’est quelque chose que l’on a gardé depuis toutes ces années parce que cela marche super bien et qu’elle répond à un besoin, une envie des gens qu’on invite (il y a toujours des personnes que tu ne connaissais pas qui demandent à être là). Donc la Convention c’est aussi devenu un moment attendu et du coup, un des projets phares de l’association.

LBB : Et le lien justement entre Kabak et l’édition, comment se forme-t-il ?
Kabak : Au sein de l’association, nous avons toujours eu des gens, soit artistes, soit des gens qui étaient simplement touchés ou actifs dans l’édition. Et là, en l’occurrence, il y a aussi Atelier Obscur qui est un atelier de graphistes indépendants avec qui on collabore depuis toutes ces années pour la Convention. Parmi les membres de Kabak, il y a des gens dont c’est le métier et d’autres qui sont juste intéressés. Et puis autour de Kabak, il y a aussi d’autres gens qui viennent nous aider pour l’organisation qui ne font pas forcément partie de l’association ou du comité.

LBB : Les projets partent alors des souhaits de Kabak ou de l’un de ses membres. Vous ne vous cantonnez pas à un type d’activité.
Kabak : Non, il n’y a pas un type d’activité spécifique à Kabak. On se retrouve sur ce qui est proposé puis défendu.  Par exemple, pour les éditions indépendantes, ce qui nous intéresse là par rapport aux autres festivals ou événements du monde de l’édition, c’est que l’édition soit artisanale, autonome et qu’elle privilégie les démarches collectives.
Ça arrive que ça soit une personne ou deux mais soit elles font appel à un atelier d’impression artisanal, soit elles font tout de A à Z. Elles autoéditent vraiment tout elles-mêmes, et ne vont pas faire imprimer de manière industrielle à l’étranger.
Les gens peuvent aussi nous amener un contenu politique, on s’arrête sur ce qui nous intéresse, qui nous pose des questions, ceux qui ont des fonctionnements collectifs, une économie particulière d’autofinancement ou qui ont des attentions particulières par rapport à l’écologie ; on en a, par exemple, chez des sérigraphes, c’est le cas d’Atelier obscur, qui essaient de mettre en place une manière de faire de la sérigraphie qui est écologique, c’est à dire ne pas prendre des encres avec des solvants, mais de prendre des encres à l’eau.
Cela peut être aussi bien les fonctionnements que les démarches ou le contenu des projets qui sont un peu, si on veut des « critères »,  qui vont faire que l’on va choisir tel ou tel projet à Kabak.
Puis au-delà de cela, pour la Convention par exemple, c’est l’occasion, pour nous aussi de réussir à réunir tous ces petits collectifs ou groupes qui n’ont pas forcément leur place dans d’autres foires ou plus gros événements. Et puis, surtout, c’est important de montrer qu’il y a une autre manière de faire de l’édition et puis du coup de proposer cette autre vision, cette autre réalité au public. Et en plus, pour les artisans c’est aussi une plateforme d’échange.

LBB : Certaines personnes de Kabak gèrent le projet ?
Kabak : Le projet est géré en collectif, après c’est une répartition des tâches, mais chacun peut proposer peut faire des recherches, en parler autour de soi, etc. Mais il n’y a pas un  curateur ou une curatrice, une personne qui choisit tous les invités, tout est fait par le collectif et personne n’est payé.

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LBB : Vous avez beaucoup d’invités suisses mais aussi français. Est-ce une volonté de privilégier le local ? Ou simplement, cela s’est révélé plus facile ou plus pratique, voire moins onéreux ?
Kabak : Il y a une volonté de mettre en valeur les projets qui se font ici, évidemment. Mais parce qu’aussi il y a des échanges entre tous ces gens. Il y a une volonté comme ça de montrer ce qui se fait ici. De montrer que l’édition indépendante existe aussi là. Et puis, les projets qui viennent de l’étranger, c’est aussi chouette de faire le lien entre le local et des projets qui peuvent être similaires à l’étranger. Mais il y a les deux en fait. On a toujours moins de projets étrangers car ça coûte aussi plus cher de les faire venir, mais ça dépend.

LBB : Les personnes qui viennent présenter leurs réalisations ont des vrais objets à montrer ou vendre… soit magazine, soit fanzine, etc. vous n’acceptez que des éditions papier ?
Kabak : Il y en a aussi qui ont aussi des blogs, mais c’est de l’édition papier, c’est toujours un objet qui est présenté.  Mais il y a de tout !  De l’affiche, des typographes, de la sérigraphie, de l’illustration, du fanzine, du magazine, de l’infokiosk, vraiment de l’édition de livre et on a aussi parfois des labels de musique, qui sont aussi dans des démarches d’auto-édition, hors des circuits marchands de l’industrie de la musique. A la base du projet d’ailleurs, il y avait édition papier et label de musique indépendante, cette dimension s’est réduite au fur et à mesure car on a moins les contacts là-dedans qu’auparavant.

LBB : La programmation comporte une partie musicale et une plus sociale (festival) cela a toujours été comme ça depuis le début ?
Kabak : Oui, car un des buts aussi est de proposer autre chose que les foires habituelles dans l’édition avec des rangées et des rangées de tables avecdes  livres, avec les gens qui viennent vite acheter les trucs et puis signer des bouquins. Le but est que cela soit un peu convivial et que le public puisse avoir un accès convivial aux invités et aussi que les invités entre eux puissent avoir un échange plus informel que sous une grande tente de foire.

LBB : Et pour cette édition, quoi de neuf ?
Kabak : Cette année, on aura aussi des lectures, c’est -36° éditions qui fait ça, de bouquins qu’ils ont édités. Et puis, il y aura aussi des ateliers participatifs. Il y aura de la linogravure proposée par Ripopée et une presse typo amenée par l’atelier typo de la cité qui est à la rue Curtat. Et un atelier d’édition 8PA6 proposé par –36°éditions qui est un format feuillet qui feront en live avec probablement participation des gens.
Il y a en gros 3 ateliers participatifs où les gens pourront faire avec les artisans et des lectures. La démarche a aussi été cette année de se resserrer sur l’édition et de ne pas faire un million de trucs autour. Pas de concert toute la journée etc. ce n’est pas un festoche non plus. Le concert du soir et la bouffe restent quand même, comme les autres éditions.
Le brunch, le dimanche matin,  est là aussi le moment privilégié, ce sont les invités et le public qui sont invités  à bruncher du coup c’est une manière de mettre en lien les gens.

LBB : Quelque chose à ajouter ?
Kabak : Il faut venir !

L’entrée est à 7 frs ou 12 frs prix de soutien. Kabak ne fait aucun bénéfice sur ce qui est vendu par les différents artisans et éditeurs.

Samedi 12 octobre, au 2.21, la convention ouvre de 14h à 20h, puis la soirée continuera à l’espace autogéré avec une bouffe pop à 20h. Dès 21 h les concerts avec Mandroïd of Krypton, Impure Wilhelmina, Welington Irish Black Warrior et DJ Durum.

Pour le dimanche 13 oct, on commence la journée avec le brunch à 11h et la convention ouvre à 13h.

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